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Musique classique et opéra par Classissima

Henry Purcell

jeudi 20 juillet 2017


Carnets sur sol

30 juin

[Édito] Les opéras rares en Île-de-France : 2016-2017-2018, deux saisons opposées

Carnets sur sol Entre celle qui s'achève et celle qui s'annonce, je ne puis me retenir de considérer que le contraste est brutal. A. Pénurie de 2017-2018 La saison prochaine, l'Opéra de Paris ne programme aucun opéra rare (déjà la tendance depuis l'arrivée de Lissner, mais vu sa connaissance du répertoire , on peut difficilement lui reprocher de vouloir découvrir les classiques), les Champs-Élysées se recentrent sur l'opéra italien grand public ou glotto-compatible (seria avec falsettistes, Rossini, Verdi), l'Athénée propose peu de grandes productions lyriques, Bru Zane ne finance qu'un Faust de Gounod (certes en version originale inédite, mais on ne peut pas parler de découverte vertigineuse d'une œuvre occulte d'un style nouveau !), et à Versailles le CMBV ne fait aucune grande recréation français comme c'était d'ordinaire le cas (je m'en étais ému à la parution du programme), se contentant de donner deux LULLY (la dernière production d'Alceste dans la région a dix ans, et encore moins pour Phaëton) – en revanche, Chateau de Versailles Spectacles programme aussi des Cavalli rares et très bien distribués (cela m'intéresse beaucoup moins que leurs F. Caccini ou Rossi, mais c'est incontestablement du neuf). Le CNSM, lui, proposera Giulio Cesare in Egitto pour sa grande production scénique annuelle. À cela s'ajoute que les maisons qui contribuaient à l'ouverture des horizons, comme Saint-Quentin-en-Yvelines (le Ring de poche de Dove-Vick, L'Élixir d'amour sur instruments anciens , Chimène de Sacchini…) ou Herblay (Vanessa de Barber, Zanetto de Mascagni, Abu Hassan de Weber, Falstaff de Salieri et dernièrement du seria inédit) ne proposent l'année prochaine, en opéra, que la production de l'ARCAL de… Dido and Æneas de Purcell, probablement l'œuvre la plus donnée de toutes (notamment dans les petites maisons), du fait de ses faibles coûts de production (que des petits rôles faciles à distribuer, un petit orchestre, une œuvre courte qui coûte moins à préparer, qui se vend mieux au public, un drame très ramassé et payant…). Ce n'est pas mal du tout, c'est une œuvre qui peut se voir de plein de façons, mais quand on comptait sur ces maisons, quitte à traverser toute l'Île-de-France au sortir d'une semaine de boulot (combien de fois ai-je joint les confins de l'Oise à Saint-Quentin…), c'est un peu en vain pour la saison qui s'annonce. Reste l'Opéra-Comique, qui proposera la Nonne sanglante de Gounod, dont on ne dispose que d'un disque CPO (très bon, mais on peut faire plus précis linguistiquement et stylistiquement), et qu'on ne joue jamais. Mais c'est pour la saison (suivant désormais l'année civile) 2018, pas encore annoncée officiellement, et septembre à décembre, ce sera seulement Mozart, Rossini et la création de Manoury (miam, cela dit, mais la création pure répond encore à d'autres enjeux). Lieu de toute évidence inspiré de l'atmosphère du Palais Garnier dans Twin Peaks. B. Comparaison biaisée À la décharge de toutes ces vénérables institutions, il est vrai que la saison qui vient de s'achever était particulièrement exceptionnelle en matière de recréations d'opéras (et pour la plupart en version scénique !) : ♦ Opéra de Paris : rien, mais Fleur de neige de Rimski-Korsakov n'avait plus été donnée depuis de l'époque de la troupe, et peut-être plutôt à la Radio qu'à l'Opéra, une véritable rareté en France ; ♦ Philharmonie : La Pucelle d'Orléans de Tchaïkovski, de même, pas une première absolue (encore que, en France, fut-ce déjà donné ?), mais un très réel dépaysement ; ♦ Champs-Élysées : La Reine de Chypre d'Halévy (Bru Zane) ; ♦ Opéra-Comique : Le Timbre d'argent de Saint-Saëns (et, jamais reprise en version scénique, Alcione de Marais) : ♦ Versailles : Les Horaces de Salieri (CMBV, Bru Zane), Proserpine de Saint-Saëns (Bru Zane) ; ♦ Athénée : L'Île du Rêve de R. Hahn, The Lighthouse de P.M. Davies (création française ?) ; ♦ Bouffes du Nord : Phèdre de Lemoyne (Bru Zane) ; ♦ Saint-Quentin / Herblay / Massy / ARCAL : Chimène de Sacchini ; ♦ CNSM : Il Matrimonio segreto de Cimarosa (pas redonné depuis Rousset il y a quinze ans, je crois) ; ♦ CRR : des extraits de Médée et Jason de Salomon, d'Axur re d'Ormuz de Salieri… C'est-à-dire 3 tragédies en musique totalement inédites (dont Lemoyne dont on ne disposait de rien) ; 4 partitions romantiques assez ambitieuses, là aussi jamais remontées ; 2 fleurons du répertoire russe jamais entendus, dans une vie de spectateur du moins, en France. Il est vrai que lorsque, dans la même semaine, il fallait enchaîner Les Horaces et Proserpine, ou encore Phèdre, Chypre et le Timbre, on ne pouvait qu'être frappé par l'étonnante surabondance (des œuvres de surcroît particulièrement abouties, et très adéquatement servies). C. La totalité du tableau Pour la saison prochaine, en matière d'opéra, il faudra donc se contenter de semi-raretés, souvent liées à une œuvre par ailleurs très bien connue : Leonore de Beethoven à la Philharmonie, Don Carlos de Verdi à l'Opéra Bastille, formes primitives à peu près jamais données en France d'œuvres qui y sont par ailleurs très fréquemment représentées. Beethoven par Jacobs suscite la curiosité évidemment, de même que Don Carlos dans une version qu'on espère assez complète (sans doute avec la déploration, peut-être aussi avec les Bûcherons et le ballet complet), servi par deux superbes distribution (au français encore incertain pour la seconde, avec Gerzmava, Černoch et Gubanova). Mais, si on veut être tout à fait honnête, la saison apportera aussi son lot de raretés lyriques, certes plutôt du côté de l'oratorio (où c'était bombance à la Philharmonie, cette année déjà : Elias de Mendelssohn, Szenen aus Goethes Faust de Schumann, Le Paradis et la Péri du même, El Niño d'Adams…) : Elias à nouveau (avec les couleurs encore plus typées anciennes de Fribourg !), The Dream of Gerontius d'Elgar, la Messe de Bernstein, la Sinfonia de Berio, et surtout, celui-là hors de la Philharmonie, le bijou absolu (et très rare en France) Christus am Ölberge de Beethoven. Par ailleurs, une bonne partie des inédits provient chaque saison d'associations moins officielles, comme les Frivolités Parisiennes dans le répertoire léger (pour la saison qui vient de s'achever : Ce qui plaît aux hommes de Delibes, Le Petit-Duc de Lecocq, Gosse de riche d'Yvain), ou la Compagnie de L'Oiseleur (avec accompagnements clavier assez extraordinaires), qui vient de révéler le Stabat Mater de Grandval, Le Passant de Paladilhe et surtout le legs d'André Bloch, avec Antigone (très belle cantate du prix de Rome) et l'incroyable opéra féerico-sarcastique Brocéliande – même avec piano, une explosion de fantaisie et de couleurs, quelque chose de L'Enfant et les Sortilèges, mais avec un bon livret et une couleur musicale quelque part entre Massenet et Chausson. Les Conservatoires aussi proposent quelquefois des titres imprévus, ou les ensembles amateurs. Il faut rester à l'affût. Mais, clairement, pour les exhumations à gros moyen et l'orientation des politiques des salles, ce seront un peu les vaches maigres pour les opéras, hors de Favart. Le Tribut de Zamora de Gounod, attendu depuis si longtemps, n'est redonné par Bru Zane qu'à Munich ! Je n'ai pas encore exploré l'offre en province pour la saison à venir (peut-être l'objet d'une notule à la rentrée, comme la saison dernière ?), mais c'est évidemment une alternative toujours possible pour les plus junkies d'entre nous. Reproduction à l'échelle inférieure de la grande salle de l'Opéra de Paris. D. Conclusions Considérant la quantité d'offre, il y a largement de quoi s'occuper (même sans mentionner la possibilité d'aller écouter davantage de musique de chambre ou de faire davantage d'expositions…), ce n'est pas du tout un drame. Mais, pour la documentation du répertoire, la dynamique de fournir, chaque année, des nouveautés à un public motivé, tirées du patrimoine, c'est une saison peu ambitieuse. C'est surtout agaçant lorsque les moyens financiers colossaux, comme à l'Opéra de Paris, permettraient aisément une prise de risque modérée (un italien moins célèbre, un Verdi rare, un baroque français hors Rameau ou un classique hors Gluck, un contemporain de Mozart, un Massenet moins couru, un thème vendeur comme Le Vampire de Marschner, Notre-Dame de Paris par Schmidt ou Giulietta e Romeo de Vaccai…) – je ne demande pas de monter dans la même saison Antar de Dupont, Thora på Rimol de Borgstrøm, Merry Mount de Hanson et Nikola Šubić Zrinski de Zajc. Et pourtant, ce serait possible, considérant que l'attraction de la maison est telle que malgré des prix prohibitifs et un confort visuel et sonore spartiate dans les deux salles, le remplissage avoisine les 100%, raretés ou pas, dès que ce n'est pas un répertoire trop exigeant. Au contraire, l'ONP persiste à distribuer des gens qui ne parlent pas les langues des œuvres dans des titres peu originaux, alors que sa puissance financière et son prestige lui permettraient de faire un carton plein avec des ouvrages un peu moins rebattus que les Mozart, Rossini, Verdi, Wagner, Puccini les plus célèbres – qu'il faut aussi donner, bien sûr, mais pas à l'exclusion de tout autre patrimoine… Certes, dans les deux hangars qui lui servent d'écrin, ce serait un peu du gâchis, mais au moins on aurait l'impression que la maison remplit une mission qui excède celle du musée pittoresque pour touristes ou du peep-show glottique international.

Carnets sur sol

12 juillet

Moisson de juin

Même principe que pour le mois dernier , où le mode d'emploi et l'objectif avaient été exposés en détail : les concerts ont tous été commentés sur le vif sur Twitter (pendant les mouvements lents, c'est parfait pour s'occuper). Quelquefois rapidement, quelquefois plus en détail. Format plus commode pour laisser le temps aux sujets qui me paraissent plus nourrissants que la gazette parisienne. des concerts. J'ai tout de même essayé, comme à l'habitude, de dire un mot des œuvres, de faire des commentaires de traverse, de façon à inciter ou orienter l'écoute. A. Concerts En cliquant sur les titres, s'ouvrira le fil des micro-commentaires. Les premiers ne sont pas l'ordre chronologique, ce sont ceux où il me semble avoir fait un effort supplémentaire sur la présentation des œuvres. ¶ 2 juillet – Chœurs de Saint-Saëns, d'Indy, Schmitt, Poulenc – Chœur Calligrammes, Estelle Béréau (Notre-Dame-du-Liban) Quand des post-wagnériens comme d'Indy et Schmitt se passionnent simultanément pour le folklore français… jubilatoire et très riche à la fois, un répertoire qui n'est pas du tout documenté par le disque. Témoignage très précieux, et dans le top 10 des concerts de la saison… ¶ 7 juin – Halévy, La Reine de Chypre – OCP, Niquet (TCE) Beaucoup de remarques sur la partition, quelques-unes aussi sur la distribution (exceptionnelle, malgré les événéments en cascade). L'une des grandes résurrections de la saison. ¶ 17 juin – Saint-Saëns, Le Timbre d'argent – Les Siècles, Roth (Favart). Grosse découverte, vertigineusement interprétée. Là aussi, beaucoup de remarques sur des détails de l'œuvre. ¶ 20 juin – Œuvres de Niels Gade d'après Ossian – Accentus, Opéra de Rouen, Équilbey (Cité de la Musique) Les Échos d'Ossian fonctionnent vraiment remarquablement en salle, et très bel engagement inattendu de Rouen sous Équilbey (ce qui n'était pas le cas il y a quelques années). La grande cantate Comala contient aussi des fulgurances que je désigne dans le fil. ¶ 8 juin – Lemoyne, Phèdre – Loge Olympique, Chauvin (Bouffes du Nord) Une belle découverte… on a maintenant plutôt envie d'entendre les excès de son Électre qui avaient effrayé les contemporains. ¶ 2 juin – Déserts de Varèse et Dracula de Pierre Henry (arrangé avec des instruments acoustiques). Déjà présent dans le précédent relevé (mais c'était le 2 juin, autant être rigoureux). Pierre Henry devait d'ailleurs être présent ce soir-là, et s'était désisté, on voit pourquoi désormais – denn die Toten reiten schnell. Cet extrait de la Lenore de Bürger figure en traduction anglaise sur la tombe hantée du Convive de Dracula – merci de louer abondamment ma subtilité en commentaire. ¶ 6 juin – Études latines de Hahn et le lied-duo Liebhabers Ständchen de Schumann (notamment) au CRR de Paris . Le niveau n'est pas du tout le même que dans la section baroque, c'est étonnant. On assiste plutôt à du potentiel qu'à de l'accompli, mais le programme est passionnant, l'observation du processus aussi. ¶ 10 juin – Récital en duo : Gluck, Thomas, Bizet, Chabrier, Saint-Saëns, Massenet, Messager, Debussy, Ravel – Gaëlle Arquez, Jean-Sébastien Bou, Mathieu Pordoy (salle Favart) ¶ 11 juin – Airs de cour et motets de Guédron, Boësset, Constantin, Moulinié – Ensemble Correspondances, Sébastien Daucé (studio 104). Première écoute en salle de l'ensemble ; comme au disque, assez homogène, plus centré sur le fondu des sonorités que sur la déclamation ou la danse, mais beau programme (dont les tubes intersidéraux de Guédron). ¶ 14 juin – Lectures (bilingues !) d'Andersen et mélodies afférentes (Gade, Grieg, Simonsen, Backer-Grøndhal, Nielsen, Schumann, Rimski-Korsakov, Aboulker…) – Françoise Masset, accompagnée sur guitares française et autrichiennee début XIXe (Maison du Danemark) ¶ 14 juin – Totentanz, pour chœur a cappella et récitant de Hans Distler (et Victoria, funérailles de Purcell, Reger…) – Chœur de l'Orchestre de Paris (Saint-Eustache). Pas l'œuvre du siècle, mais en vrai, le dispositif original et les versets courts ne sont pas sans charmes. ¶ 16 juin – Haendel : The Ways of Zion Do Mourn et autres grands chœurs officiels – La Palais-Royal, Jean-Philippe Sarcos (Sainte-Jeanne de Chantal). Probablement la plus belle œuvre de Haendel, et très bien interprétée dans une acoustique… étrange. ¶ 19 juin – Fusion éphémère de chœurs français et finlandais : programme a cappella Fauré, Bonis, L. Boulanger, Aboulker, Sibelius, Wennäkoski – Académie de Musique de Paris et Hämäläis-Osakunnan Laulajat (Temple de Passy) Très belle expérience – parmi les tout meilleurs Sibelius, et la musique sacrée se révèle le meilleur aspect de Mel Bonis. ¶ 21 juin – Clavecin : pièces de Couperin, Suite française de Bach – Camille Ravot (Petit-Palais) ¶ 21 juin – Extraits d'opéras baroques français (LULLY, Desmarest Campra…) – Éléonore Pancrazi , Clément Debieuvre, Jeanne Jourquin (Petit-Palais). (Suivi d'un échange sur les accents expressifs de l'ancienne rhétorique, et leur réalisation – qui n'apparaît pas dans le fil.) ¶ 24 juin – Quatuors de Debussy, n°7 de Beethoven – Quatuor Akilone (Hôtel de Soubise) Mes protégées dans un programme très conventionnel, mais subtilement déroulé, en particulier Beethoven. B. Balades illustrées Juin n'a pas été un très grand cru. ♣ 1er juin – Dans les champs de la Plaine de France , au Nord de Bouffémont. ♣ 9 juin – Sur les points culminants d'Île-de-France : Saint-Martin-du-Tertre et le château de Franconville (propriété du « baron Bic », m'a-t-on dit – ce n'est pas le nom sur la boîte à lettres, mais ce ne veut rien dire). ♣ 11 juin – Forêt de Saint-Germain-en-Laye de nuit (non, pas dans les coins fréquentés) entre les orages, et Pavillon de la Muette, un soir d'élections. Pas la balade du siècle, beaucoup de chemins inaccessibles, de voies sans issue, de routes non aménagées pour les piétons (et dangereuses). Rien à voir avec le Sud, près du château, avec les allées immenses et bétonnées – trop civilisées, même. (Ce sont celles que je n'ai pas documentées qui ont été les plus intéressantes…) C. Lectures (dont j'ai parlé) → Fil Byron : relecture du Corsair, citations d'extraits. En cours. → Fil Maeterlinck : citations de La mort de Tintagiles et d'Alladine et Palomides (et remarques). D. Discographies comparées Sur demande expresse, petite balade dans celles : ► d'I Pagliacci de Ruggero Leoncavallo (peut inclure des versions partiellement en russe) ; ► de Cavalleria rusticana de Pietro Mascagni. La playlist du mois fera notule à part. Doit maintenant venir le grand bilan statistique et subjectif de la saison de concerts. Mais à 135 dates, ça va prendre un moment à préparer, d'autant que des tas d'autres notules avancent doucettement en parallèle.




MusicaBohemica

4 juillet

Une soirée de musique tchèque en 1927

Création de la Sonate pour violon de Janáček Sans être extrêmement nombreuses, les relations franco-tchèques, sitôt la création de l’état tchécoslovaque en 1918, parsemèrent les saisons musicales parisiennes de quelques soirées. Ce fut au cours de l’une d’elles, en avril 1926, que l’on entendit pour la première fois sous les doigts de Jane Mortier la deuxième partie de la Sonate I.X.1905 de Janáček. Les ouvrages du compositeur morave n’avaient pas envahi la France. Malgré le succès remporté par Jenůfa en Allemagne - à la suite de sa création à Berlin en 1924, de très nombreux théâtres avaient inscrit cet opéra dans leurs saisons opératiques - ni cet opéra, ni d’autres ouvrages musicaux de Janáček n’avaient franchi beaucoup d’autres frontières (1). En France, les rares auditions entendues à Paris et en province, on les devait essentiellement à des interprètes tchèques (Chorale des instituteurs moraves en 1908, 1919 et 1925, le pianiste Václav Štěpan, la soprano Jana Hanáková, le ténor danois Mischa-Léon). Seule parmi les musiciens français la pianiste Jane Mortier s’était aventurée à jouer un extrait de sa Sonate pour piano qu’elle eut le courage de redonner l’année suivante. Peut-être encouragé par cette exécution, le violoncelliste André Huvelin accompagné par le pianiste Eugène Wagner donna la première exécution française de Pohádka, quelques semaines plus tard, en mai 1926. L’année suivante, une autre opération s’inscrivant dans ce mouvement franco-tchèque nous intéresse au plus haut point. Le 30 mars 1927, la salle Pleyel reçut plusieurs interprètes français et tchèques pour un concert de musique tchécoslovaque. Introduit par une causerie de Jules Chopin, le programme mettait en avant des compositeurs représentatifs des différents courants musicaux qui s’étaient exprimés dans les pays tchèques et qui continuaient à nourrir la vie musicale dans la Tchécoslovaquie indépendante depuis à peine neuf ans. Il n’était pas indifférent que le présentateur se dénomme Jules Chopin. Après avoir enseigné à l’Université de Prague, fort de sa connaissance de la langue tchèque, il traduisit Alois Jirásek, Jan Neruda et quelques autres écrivains et poètes. Rédacteur à la Gazette de Prague, il rejoignait le groupe d’intellectuels qui avait formé les Hautes Etudes Slaves. Sa connaissance de la culture tchèque et morave le désignait dans le rôle d’intermédiaire entre les deux pays sur le plan culturel. Pour cette introduction au concert, il ne visait pas à des phrases de circonstance, mais sa vaste connaissance de l’histoire et de la culture tchèque le qualifiait pour donner des clés d’écoute précieuses aux auditeurs présents. Comment était composé le programme de ce concert ? Les deux grands compositeurs dont les noms  commençaient à devenir peu à peu familiers aux oreilles des mélomanes parisiens, Dvořák et Smetana, étaient présents à travers deux pièces, une sonate pour violon et piano pour le premier et une danse tchèque pour le second. D’autres personnalités musicales composaient un tableau assez représentatif de la vitalité de l’école tchèque. Josef Suk, Vítězslav Novák, Jaroslav Křička, Ladislav Vycpálek, Jan Kunc, Karel Boleslav Jirák et Bohuslav Martinů complétaient l’échantillon des musiciens tchèques vivants. Au milieu de cet aréopage se glissait un dernier,  leur aîné à tous, Leoš Janáček. Son nom n’avait pas franchi souvent les portes d’une salle de concert hexagonale, comme indiqué plus haut. Quelle œuvre du compositeur morave choisit-on ? Sa Sonate pour violon et piano dont ce fut la première exécution française. Pourquoi cet ouvrage ? Nous savons que les rencontres entre les compositeurs français et Janáček étaient peu nombreuses, voire inexistantes. Nous savons également que peu d’interprètes avaient fait le voyage de Prague et encore moins celui de Brno. Cependant, pour tous ceux qui souhaitaient connaître les représentants musicaux des différents pays qui venaient de naître après la fin de la guerre 1914 - 1918, les festivals annuels de la Société internationale de musique contemporaine présentaient une belle opportunité. Même si l’on ne pouvait pas y être présent, la presse musicale rendait compte de ces événements musicaux et répandait ainsi les tendances esthétiques qui s’y exprimaient. Elle énumérait également les noms des compositeurs de différents pays qui incarnaient ces courants. Après Salzbourg en 1923, Prague en 1924, Venise en 1925, Zurich en 1926, on pouvait dresser un tableau assez représentatif des tendances qui agitaient le monde musical occidental. A deux reprises, un septuagénaire - Janáček -  avait été désigné par la Tchécoslovaquie, pour incarner le courant moderniste de son pays. Par deux fois, à Salzbourg et à Venise. Dans la cité de Mozart, ce fut la découverte de sa Sonate pour violon et piano et dans la cité des Doges, ce fut son premier quatuor à cordes, La Sonate à Kreutzer. Avant d’examiner un peu plus en détail le contenu de cette soirée, penchons nous sur ses interprètes. Au nombre de cinq, aucun ne put prétendre à devenir une tête d’affiche. Quand on consulte actuellement un dictionnaire des interprètes (2), on ne détecte pas leur nom. Pas un n’est passé à la postérité. Doit-on en conclure qu’ils faisaient partie des musiciens de seconde zone ? Et doit-on en déduire que c’étaient de piètres  interprètes ? Sûrement pas. On peut ne pas être considéré comme des vedettes des estrades sans pour autant tomber dans la médiocrité. Deux interprètes tchèques, deux danseurs, participaient à cette soirée. Václav Veltchek, qui s’illustrera l’année suivante dans les danses de La Fiancée vendue de Smetana lors de sa création française, et Lydia Wisiaková dansèrent sur des musiques de Suk, Jirak et Smetana dans la dernière partie de la soirée. Auparavant, la soprano Blanche Dufour accompagnée par la pianiste Yvonne Gauran chanta plusieurs mélodies de compositeurs tchèques ainsi que des chants populaires dans les parties 2 et 4 du concert. Yvonne Gauran assura la partie consacrée à des pièces pour piano seul. Enfin associée au violoniste Pierre Le Petit (ou Lepetit), elle joua deux sonates pour violon et piano, dont celle de Janáček. Blanche Dufour, depuis le début des années 1920 était connue des mélomanes qui écoutaient régulièrement la musique transmise par les stations de radio à la qualité sonore encore balbutiante. Elle passa de la station Tour Eiffel à Radio-Paris chantant aussi bien des airs anciens de Lulli, Carissimi, Bach, Purcell, Mozart que des mélodies de compositeurs depuis peu disparus ou encore bien vivants, Franck, Chausson, Ravel, Caplet, Debussy, Déodat de Séverac, Georges Auric par exemple. Mais elle se dévoua à la cause de plusieurs musiciens, ses contemporains, dont les noms sont maintenant ou ignorés du plus grand nombre ou tombés dans l’oubli, Guillon-Verne (3), Maurice Imbert, Xavier Leroux, Lucien Haudebert, Duvernay, Marcel Labey, Antoine Mariotte, Henry Petit. Bien qu’elle se soit déjà produite dans quelques concerts publics du temps de ses interventions dans les radios parisiennes, à partir de 1927, elle apparut un peu plus souvent dans des salles de concert, celle de l’Hôtel Majestic, la salle Pleyel, à l’Ancien Conservatoire, à l’Ecole Normale de musique et à quelques concerts des Fêtes du peuple que Albert Doyen organisait régulièrement. Blanche Dufour ne se limita pas aux compositeurs français de son temps, mais jeta un regard vers la Russie avec Moussorgski, Borodine et Rachmaninov. Elle n’en oublia pas pour autant les maîtres du lied qui se nommaient Schubert, Schumann et Brahms. Au début de l’année 1927, elle chanta à deux reprises les Chants bibliques de Dvořák à Radio-Paris quelques semaines avant cette soirée de musique tchèque du 30 mars où elle entonna trois chants puisés dans ce recueil. Remarquons enfin la tournée en Europe centrale qu’elle effectua en 1929 avec la pianiste Marcelle Heuclin pour promouvoir la musique française. Nul doute qu’au cours de ce circuit, la soprano française rencontra quelques musiciens et compositeurs des pays traversés et que des échanges, peut-être fructueux, se créèrent. Yvonne Gauran, pianiste, avait déjà accompagné la soprano Blanche Dufour, lors d’un de ses concerts radiodiffusé à la station Tour Eiffel dans des mélodies françaises et une deuxième fois à Radio-Paris en juillet 1926. De même, le violoniste Pierre Lepetit s’était lui aussi déjà trouvé en compagnie de la cantatrice pour un  concert donné aux Tuileries. Puisque lui échut la tâche de créer l’unique Sonate pour violon de Janáček, essayons de cerner la personnalité de cet instrumentiste. Pierre Lepetit, pour autant que j’ai pu retrouver sa trace, n’eut pas une activité de soliste débordante. On découvre bien son nom à l’affiche de quelques concerts donnés dans des salles parisiennes telles que celle des Agriculteurs, et la salle Erard, ou encore de l’Ancien conservatoire de 1924 à 1936. Après cette dernière date, je n’ai plus découvert de compte-rendus de ses récitals. Il est vrai que pendant cette courte période d’activité, il n’a jamais paru seul sur scène, ce qui est courant pour un violoniste, il partagea la scène avec un pianiste, tantôt Jacques Février, Gustave Cloez, Germaine Leroux, Boris Goldschmann et Joaquin Nin et quelques autres, sans compter Yvonne Gauran, partenaire privilégiée pour cette séance de musique tchèque. Son répertoire se nourrissait de pièces brillantes dues à Kreisler, Tartini, Pugnani mais aussi de sonates de César Franck, Brahms, Ravel, Fauré, le Concert de Chausson et des concertos de Mozart, Max Bruch, Mendelssohn. Il mit son archet au service d’œuvres plus modernes, celles de Szymanowski, Falla, Milhaud, par exemple. Pour évaluer le talent de Pierre Lepetit, rien de mieux que de prendre connaissance des appréciations de la presse de l’époque. «[Il] excelle à rendre le Concerto de Mendelssohn dans un classicisme pur et avec des traits précis (4)». De son côté, Henri de Curzon parlait de «son beau talent […] avec un son plein et ferme, un archet expressif (5)». tandis que Jean Messager déclarait «nous avons une fois de plus apprécié le jeu musical et intelligent du violoniste Pierre Lepetit (6)» alors qu’un chroniqueur anonyme indiquait que le violoniste «affirma ses qualités violonistiques que j’avais déjà eu l’occasion d’apprécier dans ses précédents concerts. Sa technique est des plus brillantes et lui permet d’affronter toutes les difficultés de son instrument avec une maîtrise absolue (7)». Jean-André Messager s’exprima un peu plus tard de cette façon «nous avons entendu ce jeune artiste chez qui la compréhension musicale ne le cède en rien à la virtuosité technique. C’est dans  l’esprit le plus juste qu’il a interprété entre autres le Concert de Chausson (8)». Inutile de multiplier les témoignages, ils s’avèrent suffisamment convaincants pour nous persuader de la classe de ce violoniste. Si Pierre Lepetit disparut presque complètement des salles de concert en tant que soliste, la cause est à chercher dans une double direction. Tout d’abord à partir de 1934, il rejoignit le Quatuor Willaume en devenant son second violon. D’autre part, il fut engagé dans l’orchestre de l’Opéra de Paris où il tint le poste de premier violon parallèlement à son engagement dans l’orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire. Ces derniers postes témoignent bien des qualités musicales de son détenteur. Enfin, autre illustration des activités du violoniste, il enseigna l’étude de son instrument à Vernon, dans l’Eure, où une école municipale venait d’être créée par Marcel Labey. Invité à Limoges par la société locale des concerts du conservatoire, il s’y rendit au moins durant deux saisons à partir de 1934. Lorsqu’il fut mobilisé en 1939, il continua d’exercer son art, y compris en prenant la tête d’un orchestre militaire. Retour en 1927 et à cette soirée de musique tchèque le 31 mars. Les jeunes instrumentistes - le violoniste avait terminé ses études par un premier prix du conservatoire trois ans auparavant - s’emparèrent de l’œuvre de Janáček, une Sonate pour violon un peu particulière dans sa gestation. En 1915 le compositeur terminait une Sonate pour violon en 4 mouvements (con moto ; adagio ; ballada ; con moto) dont la composition lui avait été inspirée par les premières journées de la guerre de 1914. Elle resta pendant plusieurs mois à l’état de manuscrit sans qu’aucun interprète ne se manifestât pour la jouer. Janáček laissa son œuvre telle quelle pendant plusieurs années puis la remania en modifiant la place de chacun de ses mouvements, sauf le premier  tandis que le con moto primitivement placé en dernière place de la sonate était remplacé par un allegro. Celui-ci vit son rythme changé passant d’allegro à allegretto (con moto ; ballada, con moto ; allegretto ; adagio). En 1922, la sonate remodelée connaissait sa première édition grâce à Hudební matice Umělecké besedy en même temps qu’on l’entendit pour la première fois à Brno. A Salzbourg en 1923, au cours du festival de la Société Internationale de Musique Contemporaine, le violoniste Stanislav Novák la joua accompagné par le pianiste Václav Štěpán, la révélant à un public venu des quatre coins de l’Europe. Trois ans plus tard, elle connaissait sa première audition en Grande Bretagne, à Londres, lors du séjour qu’y effectua Janáček, et en Allemagne, à Berlin. Pour une fois, la France ne se laissait pas trop dépasser par d’autres pays dans son appropriation d’un récent ouvrage du maître de Brno puisqu’elle imita les pays voisins un an plus tard. Malheureusement, contrairement à d’autres prestations de Pierre Lepetit qui valurent à son auteur des lignes chaleureuses de la part de chroniqueurs de journaux généralistes et musicaux, rien ne parut dans la presse à propos de la création française de cette Sonate pour violon. Impossible donc de savoir comment le public la reçut ; avec indifférence, avec enthousiasme, avec stupeur, avec répulsion ? Une certaine Henriette Duparquet (9) dut participer à ce concert sans que je puisse déterminer quel rôle elle exerça. Annonce de La Semaine à Paris du 25 mars 1927Pour en terminer avec cette soirée, voici donc le programme détaillé du concert du 31 mars 1927 qui révéla au public présent la Sonate pour violon de Janáček. Causerie par M. Jules Chopin. I. Sonate (10) (Dvořák) : Pierre Lepetit et Yvonne Gauran. - II. Les nuages sont sa couronne, Babylone, O Seigneur (Chants bibliques de Dvořák) ; Le soir de novembre (Kunc) : Blanche Dufour. - III. L’été (Suk) ; Nuits d’hiver (Novák) : Yvonne Gauran. - IV. Chants populaires harmonisés par Křička) ; Le petit veau, 1re audition (Martinů) ; Les souris (Vycpálek) : Blanche Dufour. - V. Sonate (Janáček) : Pierre Lepetit, Yvonne Gauran. - VI. Le zéphir (Suk) : Lydia Wisiaková ; Marche (Jirák) : Václav Veltchek ; Danse tchèque (Smetana) : Lydia Wisiaková, Václav Veltchek. Cependant, cette première exécution française ouvrit la porte des concerts hexagonaux à cette sonate. En 1930, Marcel Stern l’interpréta à la Sorbonne avec le pianiste néerlandais Julius Hijman. En 1933, Louis Perlemuter accompagné par Marie-Thérèse Blahovcová ne joua que Ballada, la deuxième pièce de cette sonate, au Foyer étudiants, boulevard Saint Michel lors d’une soirée privée organisée par le Cercle des jeunesses françaises et tchécoslovaques (11). Quelques semaines plus tard, un autre musicien néerlandais, le violoniste Dick Waleson (12) la fit entendre à deux reprises à un mois d’intervalle avec une partenaire au piano, Alide Mengarduque-Doorman. L’année suivante, un couple de musiciens, Odile et Georges Vannier, la donna à Alger, tandis qu’en février 1935, l’association Le Triton l’inscrivit à un de ses concerts et la confia au violoniste Robert Soetens et à Germaine Leroux (13). On aurait pu penser que cette sonate allait continuer à être jouée régulièrement. Il n’en fut rien. Elle disparut des salles françaises pendant presque trente ans. Quand et comment revint-elle hanter les scènes tricolores, ceci une autre histoire qui ressembla à la difficile diffusion de l’ensemble de la musique de Janáček en France. Joseph Colomb - juin 2017 Notes : 1. En dehors de l’Allemagne et de son pays d’origine, on ne monta Jenůfa qu’en Yougoslavie et aux Etats-Unis. 2. Par exemple, celui qu’Alain Pâris a constitué (Dictionnaire des interprètes, Robert Laffont ; en 2015 a paru une nouvelle édition enrichie d’ entrées actualisées sous le titre Le Nouveau dictionnaire des interprètes). Parmi les interprètes qui ont évolué dans les années 1920 et 1930, on trouve Jane Bathori, Claire Croiza, Charles Panzéra, Alfred Cortot, Marguerite Long, Marcelle Meyer, Yves Nat, Blanche Selva, par exemple, à qui le Dictionnaire des interprètes a consacré une notice. La plupart d’entre eux ont laissé des témoignages de leur art sur des disques, repris plusieurs fois par différents éditeurs. Blanche Dufour, Yvonne Gauran et Pierre Lepetit n’ont pas bénéficié de cette opportunité. 3. Claude Guillon-Verne (1879 - 1956) compositeur nantais (sa mère était la sœur de Jules Verne). 4. Le Figaro du 2 février 1927 sous la signature de Stan Golestan. 5. Le Ménestrel du 1er juin 1928. 6. Comoedia du 4 février 1929. Le chroniqueur Jean Messager est le fils du chef d’orchestre et compositeur André Messager qui après la disparition de son père modifia son propre nom en Jean André-Messager. 7. Lyrica, mai 1929. 8. Le Journal du 4 février 1933. 9. Seul, Le Temps nomme Henriette Dupaquet sur l’annonce du concert. 10. Impossible d’indiquer de quelle sonate il s’agit (en la mineur, en fa majeur, en sol majeur ?).11.Nouvelle illustration des relations culturelles entre les deux pays. 12. Dick Waleson fonda un quatuor à cordes aux Pays-Bas. 13. Quelques semaines plus tard, Germaine Leroux joua cette Sonate pour violon à Prague avec le violoniste Stanislav Novák qui connaissait cette œuvre depuis 1923.



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22 juin

La Fenice, Jean Tubéry / THE KING’S MUSIC (A scene of Love)

FORMAT RAISINS. La Fenice, Jean Tubéry / THE KING’S MUSIC (A scene of Love), le 14 juillet 2017, 18h. Saint-Père, Commanderie de Villemoison (58200) Format Raisins réinvite à nouveau cette année l’excellent ensemble de musique baroque pour un concert dédié cette fois-ci au compositeur anglais Henry Purcell. Nous retrouverons ces musiciens dans des répertoires dont les admirables interprétations leur ont valu d’être invités par de nombreux festivals français (festival de musique baroque de Beaune, Nuits musicales d’Uzès…) et étrangers (Bâle, Glasgow, Lisbonne, Vienne, Japon, Etats-Unis, Amérique latine…). Ses contemporains portaient une véritable admiration à ce jeune compositeur: « son extraordinaire talent en toute sorte de musique est suffisamment connu, spécialement admiré pour sa musique vocale, ayant un génie particulier pour exprimer l’énergie des paroles, des mots, ce par quoi il suscite l’émotion des passions de tous les auditeurs ». FORMAT RAISINS / La Fenice, Jean Tubéry PURCELL : THE KING’S MUSIC (A scene of Love) Particulièrement inspiré dès lors qu’il s’agissait d’évoquer sa vie de musicien, dans toute sa diversité, Henry Purcell fait preuve d’une immense inventivité de compositeur, mais qui dévoile également le chanteur et l’instrumentiste aguerri qu’il fût immanquablement. Le programme, profane et sacré, s’organise en deux parties. La première est consacrée à la fête de Sainte Cécile, sainte patronne de la musique, à laquelle le compositeur a consacré plusieurs de ses grandes oeuvres. La seconde s’organise autour de la figure du Roi Arthur, héros d’un génial opéra créé en 1691, monument de la musique occidentale, qui raconte la quête légendaire menée par le Roi Arthur pour retrouver sa fiancée, la princesse Emmeline, enlevée par le roi Oswald. Les sérénades sont des airs chantés, déclarations d’amour d’un berger à une bergère, d’un roi à une reine… Les grounds sont des danses populaires, sortes de chaconnes, qui laissent, à partir d’une basse obstinée, une grande liberté d’improvisation aux interprètes, à l’image de ce que font les musiciens de jazz à partir de grilles d’accords. Programme Première partie: Cecilia’s feast Canzona (sonata of four parts) Beauty, thou scene of Love (Santa Cecilia’s day) T’is nature’s voice (ode hail bright Cecilia) A ground in Gamut The airy violin Wondrous machine A new ground My beloved spake unto me (Song of the songs / Canticum Canticorum) Entr’acte Deuxième partie: The King’s music Trumpet voluntary Sound the trumpet (ode « Come ye sons og art ») How blest are sheperds (King Arthur’s music) Sheperds, leave decorying Ah, how happy are we (The indian queen) Come ye sheperds, lead up Hornpipe Fairest Isle Song tune : your hay is mow’d Grand dance : chaconne RÉSERVEZ VOTRE PLACE ———————- + D’INFOS sur le festival FORMAT RAISINS 2017, toute la programmation du 5 au 23 juillet 2017 : LIRE notre présentation générale —————————————————————————-

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17 juin

Entretien avec Jean-Michel Lejeune, à propos du festival FORMAT RAISINS.

Entretien avec Jean-Michel Lejeune, à propos du festival FORMAT RAISINS 2017. A l’occasion de la nouvelle édition du festival hors normes FORMAT RAISINS à partir du 5 juillet 2017, CLASSIQUENEWS a interrogé le directeur de l’événement, Jean-Michel Lejeune sur le fonctionnement, le déroulement et l’identité d’un festival ambitieux, éclectique dont le rayonnement pluridisplinaire s’étend sur 2 départements, 2 régions, à travers les vignobles les plus enchanteurs de France, d’où son nom générique « Format raisins ». Pourtant c’est bien un format singulier qui est le propre du cycle d’événements mêlant la création contemporaine, le jazz, la musique chorale, symphonique et de chambre, les arts plastiques et la danse … dans des lieux patrimoniaux aux résonances multiples, autant d’expériences riches et inédites offertes aux publics sollicités sur tout le territoire du Centre, des bords de Loire. Jalonné par 88 concerts et événements, le festival FORMAT RAISINS se déroule sur 3 week ends. Une invitation à l’exploration plurielle, à la poésie polymorphe, aux métissages hors cadre… car ici le nombre n’écarte pas la qualité. Entretien et explications. Comment se déroule le festival (lieux investis, intérêt patrimonial et musique, accessibilité des concerts et des événements )? 20 villes et villages situées dans les vignobles des Vins du Centre et sur les bords de Loire constituent l’exceptionnel paysage du festival Format Raisins. Le Prieuré clunisien de La Charité-sur-Loire, la Commanderie de Villemoison, le château de Buranlure, le Musée de la Machine agricole, le site industriel de Chabrolles sont quelques-uns des exceptionnels lieux des quelque 88 concerts, spectacles de danse contemporaine, exposition d’art contemporain, dégustations de vins, visites, promenades, atelier de géographie… de cette cinquième édition. Sur le plan musical, cette édition propose un périple qui nous emmène de Purcell, Bach à Berio, Stockhausen, Carter, Risset, Henry, Teruggi, Pesson, Bouchot, Caratini, Machuel, Aperghis, Munoz Bravo, Bierton… en passant rendre de superbes visites chez Mozart, Brahms, Beethoven, Schumann, Chopin… en passant par les musiques populaires et savantes du monde arabe que nous chante Anass Habib, le jazz de Trafic Urbain… Quels sont les critères artistiques qui assurent à la programmation sa cohérence et sa singularité ? Diversité des oeuvres, excellence, grands interprètes et jeunes talents sont la marque de cette prochaine édition qui s’organise autour de quatre axes : Honneur au piano avec Seong-Jin Cho, Jean-Philippe Collard, Wilhem Latchoumia, David Lively, Patricia Martins, Thierry Rosbach, Nicolas Stavy ; Des concerts monographiques qui permettent au public d’aller plus loin dans l’univers musical d’un compositeur (Bach, Berio, Brahms, Pierre Henry, Mozart, Purcell, Risset, Stockhausen…); De nombreux jeunes musiciens comme ceux du quintette Altra, du quatuor Akos, du Trio Puzzle, du KontaktDuo, sans omettre la pianiste Manon Edouard-Douriaud ; Un parcours d’écoute entre la musique pure et celle qui s’intéresse aussi aux sons venant du quotidien… A cela s’ajoute un volet dédié à la danse avec Les Aperçus de Clara Cornil et Pierre Fruchard, à la tombée de la nuit… et le collectif Les Oufs ! dans le sillage de Jean-Claude Gallotta. Quels sont les 5 temps forts de l’édition 2017 ? Et pourquoi ? Le concert du Quintette Altra, pour la découverte d’une exceptionnelle, — oui d’une exceptionnelle jeune formation, pour la création du compositeur Tom Bierton, musicien amoureux des musiques du monde et des musiques actuelles, pour revisiter dans un cadre exceptionnel l’œuvre du génial Luciano Berio ; Le récital de Jean-Philippe Collard, pour la magie que crée cet immense pianiste, pour son programme Schumann et Chopin qui montre le romantisme dans tous ses contrastes, dans toutes ses passions, pour son intelligence musicale et toujours, la lumière qui se dégage des œuvres, même les plus sombres ! Le récital de Seong-Jin Cho, le petit prodige, l’artisan du superbe, l’immense musicien… pour l’un de ses très rares concerts en France cette année qui nous garantit de belles émotions ! Les deux concerts du GRM proposé par Daniel Teruggi, pour le poète Jean-Claude Risset, pour Pierre Henry, cette ‘’figure ‘’, pour rejoindre des deux oreilles notre époque, pour la beauté d’œuvres parfois méconnues, pour Après une écoute de Sud , création de Daniel Teruggi… et pour l’Acousmonium du GRM, véritable planétarium sonore qui offre une écoute complètement renouvelée ! Le concert de David Lively, pour le rythme, la chaleur et la vie des œuvres de ce programme américain tout à fait original, joué avec un talent fou, une virtuosité ! Le Spat Sonore, pour découvrir ce qu’improviser, rire, et participer à une expérience véritablement inouïe, en immersion dans un univers insolite, chez Rabelais, entre musique populaire, bruitage et musique sacrée… Le concert de Nicolas Stavy et du Quatuor Voce pour… Brahms, servi avec génie par ces interprètes… la musique s’écrit en direct sous nos oreilles… C’est totalement impressionnant de richesse et de vie ! Le concert de Jeanne Crousaud et de Wilhem Latchoumia, pour le choix des œuvres, le programme plein d’humour, airs d’opérettes, chansons de genre, pour cette voix sublime, ce pianiste exceptionnel, toujours du côté de la création et de l’audace ! Et pour « Oda a la Manzana », un poème de Neruda, mis en musique par le chilien Munoz Bravo avec la force d’imagination qu’on lui connaît (qu’on devrait lui connaître !) Pardon, je ne sais plus compter… mais ce ne sont pas moins de 30 concerts et spectacles qui sont proposés ! Quelle est l’expérience que vit le festivalier à chaque édition ? La relation simple et directe avec les œuvres et les artistes présentés dans des lieux aussi insolites qu’un grenier, un hangar, une usine désaffectée, la cour d’un château, une chapelle en ruine, les remparts de La Charité… Toutes les barrières tombent. Restent la musique, la danse, les œuvres… La découverte des meilleurs vins locaux (Pouilly-fumé, Sancerre, Coteaux Charitois, Menetou-Salon, Châteaumeillant, Coteaux du Giennois, Reuilly, Quincy…); La découverte de la Réserve naturelle du Milieu de Loire et de la Forêt des Bertranges, l’accueil chaleureux des habitants de cette région Une atmosphère hyper conviviale et amicale entre les artistes, les compositeurs, les organisateurs, les partenaires et le public… qui laisse bien souvent une belle place au rire ! Propos recueillis en juin 2017 __________ Le Festival Format Raisins se déroule du 5 au 23 juillet 2017, à deux heures de Paris, à 1 heure de Bourges…. Et s’organise essentiellement en 3 week-ends de concerts et de promenade. Renseignements, réservations, billetterie au 03 86 70 15 06 et sur www.format-raisins.fr Cette année, le festival propose des Pass Week-End donnant accès à tous les événements pour un tarif particulièrement avantageux. LIRE notre présentation du Festival FORMAT RAISINS 2017 __________ Illustrations © festival FORMAT RAISINS : Jean-Michel Lejeune présente le concert de La Fenice au public (2016) / la chanteuse Jeanne Crousaud dans L’Eloge de la plante / festival Format Raisins 2016 (DR)

Henry Purcell
(1659 – 1695)

Henry Purcell (10 septembre 1659 - 21 novembre 1695) est un musicien et compositeur de musique baroque. On admet généralement que Purcell a été le plus grand compositeur anglais de naissance (Haendel ayant été anglais par naturalisation). Purcell a incorporé à sa musique des éléments des styles français et italien, mais a développé un style anglais particulier.



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