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Musique classique et opéra par Classissima

Henry Purcell

dimanche 24 juillet 2016


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CD événement. Kerll / Fux : Requiems. Vox Luminis, Lionel Meunier (1 cd Ricercar).

Classiquenews.com - Articles CD événement, compte rendu critique. Kerll / Fux : Requiems. Vox Luminis, Lionel Meunier (1 cd Ricercar).D’emblée voici l’un de meilleurs disques de Vox Luminis, un ensemble désormais emblématique de l’excellence vocale collective, mené par le baryton-basse Lionel Meunier, directeur inspiré qui a trouvé récemment à Saintes, – lieu emblématique des dernières recherches de Philippe Herreweghe (et son orchestre des Champs Elysées), son modèle absolu-, un lieu d’approfondissement et même de défi (en juillet dernier, Vox Luminis ouvrait le festival estival de Saintes avec King Arthur de Purcell : vraie nouveauté lyrique pour l’ensemble, et certainement une étape décisive pour la maturité dramatique du collectif belge). De Kerl à Fux : joyaux de la tradition sacrée viennoise. D’abord, louons ici le focus ainsi opéré sur l’écriture de Johann Caspar Kerl (1627-1693), compositeur raffiné qui doit sa formation à Rome auprès des meilleurs, soit Carissimi et Frescobaldi (excusez du peu!). Figure tutélaire de l’essor de la musique à Munich puis à Vienne (où il est organiste à Saint-Etienne), Kerl laisse une somme incontournable à la fin du XVIIè : recueil de Messes intitulé « Missae sex, sum instrumentis concertantibus » de 1689, dédié à l’empereur très mélomane et compositeur lui même, Leopold Ier, – c’est à dire à l’époque de la peste à Vienne (1679-1682) et aussi du siège de la cité impériale par les turcs (1683). Soit l’une des écritures les plus inspirées en une époque particulièrement dure et barbare pour la chrétienté en l’Europe de l’est. D’un bout à l’autre, – et même si l’on pense aujourd’hui que la « Séquence / Sequenza » (écrite à quatre voix soliste) serait d’une période autre que le reste de la partition (conçu à 5 parties), on reste convaincu par la profonde unité du cycle et par l’intensité de sa lecture. C’est essentiellement la plénitude recueillie et exceptionnellement opulente des chanteurs qui souligne sans défaut ce sentiment de sérénité angélique, offrant dans cette Missa pro defunctis, une approche apaisée et sublimée de la mort. Même le Dies ire Dies illa est d’une noble prestance (une section que Kerl – d’après ses propres écrits-, destinait pour son office funèbre semble-t-il) et les dramatiques Quantus tremor pour basse, Tuba mireur (pour ténor), Mors stupebit pour alto (ici masculin) demeurent d’une articulation mesurée, d’une impériale tenue, d’une constante élégance (Vienne dès avant Haydn et Mozart est capitale de l’élégance). La plainte plus individualisée et presque en style direct, – implorante, incarnée du Quid sum miser pour soprano (cantus) complète intelligemment une succession de vagues collectives d’une formidable épure, d’une permanente pudeur. Même implication plus personnelle dans le Lacrimosa dies illa, également pour soprano (cantus) d’une claire et là aussi, constante sensibilité pudique. Orfèvre et très investi dans l’intonation pieuse et pourtant active, Vox Luminis affirme enfin une pleine maîtrise dans l’apaisement total et cette fusion des timbres vocaux magnifiquement canalisée jusqu’à la paix ineffable du dernier Lux aeternam. Dans la succession de la Missa de Kerl, les premières notes du Requiem pour l’Empereur / Kaiserrequiem de Fux semblent approfondir et comme accomplir l’expérience précédemment éprouvée : la continuité, le sens de la progression dramatique de Vox Luminis est d’une remarquable intelligence sonore. Exprimer la parenté évidente des deux oeuvres renforce la pertinence du programme d’en composer comme les deux volets distincts mais complémentaires d’un même retable. Plus tardif que Kerl, Johann Joseph Fux (1660-1741), légende vivante à son époque à Vienne, incarne la noblesse et l’opulence au coeur du XVIIè, car il est né en 1660, soit plus de 30 ans après Kerl. Immédiatement c’est la profonde cohésion du son d’ensemble qui frappe et saisit à nouveau, porté davantage encore par la ductilité plastique et caressante des instruments de l’excellent ensemble concertant Scorpio collectief (fusion parfaite entre timbres instrumentaux et vocaux) : Vox Luminis comprend et exprime de l’intérieur tous les enjeux tragiques et même angoissés d’une célébration de la mort, et bien sûr, fort heureusement, de la résurrection. La clarté et la transparence inonde d’une lumière continue, intense, vibrante, la claire articulation du texte, mais aussi la succession très diversifiée (quant aux effectifs choisis) des séquences (en particulier du Dies Irae… au Pie Jesu… de la Sequenza fervente, soit le centre même de cette fresque palpitante de près de 15 mn d’une action collective et individuelle vivante et flamboyante. Surprenante révélation, le Dies ire, Dies illa : ferme et expressif semble annoncer directement Mozart. Même constat pour le dernier épisode : Lux aeterna, dont la première mesure se révèle très proche du Requiem de Mozart là aussi, à tel point que l’on se pose la question : Wolfgang a-t-il pu connaître précisément les partitions de son prédécesseur alors qu’il menait des recherches à la Cathédrale Saint-Etienne de Vienne ? La justesse du sentiment recueilli, la profonde tendresse qui s’en dégage aussi, le climat de certitude arienne et angélique … sont en partage chez l’un et l’autre compositeur. Le présent enregistrement, d’une idéale réalisation, pose cette question de la filiation directe qui détermine aussi une certaine tradition viennoise dans le domaine sacré, du XVIIè au XVIIIè. De Kerl à Fux circule une élégance sacrée fraternelle qui annonce – en connaissance intime de la musique, Mozart lequel serait comme la conclusion d’une boucle marquée par le sublime. Superbe réalisation. Donc CLIC de CLASSIQUENEWS de l’été 2016. CD, compte rendu critique. KERL, FUX : Requiem. Vox Luminis. Lionel Meunier 1 cd Ricercar. Enregistré en novembre 2015. CLIC de CLASSIQUENEWS – à paraître en septembre 2016. Approfondir : VOIR notre reportage vidéo exclusif réalisé à Saintes pendant le festival estival 2015, où Vox Luminis présentait le Requiem impérial de Fux : Lionel Meunier explique son attachement à l’Abbaye aux Dames de Saintes et présente la ligne artistique de son ensemble Vox Luminis Vox Luminis / Requiems de Kerl et de Fux Septembre 2016 – 1 cd Ricercar – RIC 368 Fux Vox Luminis Zsuzsi Tóth, Kristen Wittmer, Sara Jäggi, Stefanie True – sopranos Barnabás Hegyi, Jan Kullmann – countertenors Olivier Berten, Robert Buckland – tenors Lionel Meunier, Matthias Lutze – basses Scorpio Collectief Jacek Kurzydło, Jivka Kaltcheva – violin Manuela Bucher – viola Matthias Müller – violone Kris Verhelst – organ Jeremie Papasergio – dulciane Simen van Mechelen, Adam Woolf – trombone Frithjof Smith, Josué Meléndez, Lambert Colson – cornet Kerll Vox Luminis Zsuzsi Tóth, Sara Jäggi – sopranos Barnabás Hegyi, Jan Kullmann – countertenors Dávid Szigetvári, Philippe Froeliger, Olivier Berten, Robert Buckland – tenors Lionel Meunier, Matthias Lutze – basses Bart Jacobs – organ L’Achéron François Joubert-Caillet Marie-Suzanne de Loye Andreas Linos Lucile Boulanger

Le blog d'Olivier Bellamy

9 juillet

Francine Leca, je soigne donc je suis

Comme un pied de nez à tous les artistes qui brassent de grandes idées, le trait de Tchekhov rappelant que ceux qui travaillent le plus, les paysans, n’emploient presque jamais le mot “travail”. On peut décliner l’idée avec Francine Leca pour qui aider son prochain, d’où qu’il vienne, semble tout naturel et qui laisse les mots “charité” ou “générosité” à ceux qui parlent au lieu d’agir. Si l’on était pas sûr que l’idée lui paraisse totalement incongrue, on évoquerait bien l’idée d’une rencontre exemplaire dans Passion Classique. Car comme les vrais bons, c’est d’abord chez les autres que Francine Leca distingue la bonté. Voici son programme : Les Madeleines : 1° LES FEUILLES MORTES. Yves MONTAND 2° TOSCA. Le Te Deum ( fin de l’acte 1 ) Ruggero RAIMONDI 3 ° CARMEN par Beatrice URIA MONZON Les Classiques : - Elephant Man : Opéra de Laurent Petitgirard - Chopin par Jean Philippe Collard - Opéra Carmen avec Béatrice Uria Monzon - King Arthur de Purcell par le chef Hervé Niquet




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7 juillet

ETE 2016, sélection cd, dvd, livres. 10 titres à connaître sans modération

ETE 2016, sélection cd, dvd, livres. L’été, le soleil, la plage ou tout simplement le temps qui s’offre sans compter pour lire, écouter, découvrir… Chaque été, CLASSIQUENEWS vous offre sa sélection des meilleurs titres cd, dvd livres qui ont marqué la Rédaction, depuis le début de l’année 2016. Une occasion de revenir sur les réalisations majeures pour mieux en mesurer la portée et le bénéfice le temps de vos vacances… Tous les titres ici réunis ont décroché la récompense suprême, le CLIC de CLASSIQUENEWS. Notre choix est subjectif, à torts ou à raisons bien sur, chacun selon son goût, mais de toute évidence, si vous n’en connaissez pas encore la teneur, chaque titre vous fera découvrir tout un monde sensible dont les manifestations ont su toucher nos rédacteurs. LIVRES : lectures d’été 2016 M OULINS. Exposition. BAROCKISSIMO! Les Arts Florissants en scène jusqu’au 18 septembre 2016. Le Centre national du costume de scène expose quelques uns des joyaux en tissu, façonnés pour les productions lyriques dirigées par la directeur et fondateur des Arts Flo, William Christie. Opportunité pour le chef d’orchestre mythique et désormais incontournable sur le sujet de l’opéra baroque en France, de récapituler plusieurs décennies de recherches, d’approfondissement et surtout de trouvailles visuelles … ici le déploiement des étoffes prolonge, habille, explicite le geste musical. Le catalogue concentre la pertinence de l’approche muséale, tout en permettant aux personnalités organisatrices de s’exprimer sur les choix, la sélection des objets (costumes, maquettes, etc…) présentés (chapitre ou “acte” I), et aussi la réflexion née à partir des répertoires abordés : “L’Italie et la naissance de l’opéra, les voix” (acte II) ; “La France, Louis XIV et Lully” ; “L’Angleterre, Purcell et Shakespeare” ; “Handel et l’opéra” ; “L’Opéra français, à l’heure de Jean-Philippe Rameau”, sans omettre de tracer des perspectives : “au delà du baroque”. Ainsi Catherine Massip, Martine Kahane dont les recherches sont depuis longtemps associées à l’activité des Arts Florissants analysent très finement les ouvrages abordés, et la singularité critique défendue depuis ses débuts par le fondateur William Christie. EN LIRE + Livres, compte rendu critique. Robert Carsen, l’opéra charnel, par Thierry Santurenne (PUV, février 2016). Voici le premier ouvrage, texte et illustrations (nombreuses et fondamentales pour mesurer l’impact visuel de l’esthétique en question) dédié au travail scénique, dramatique, visuel du canadien Robert Carsen (né à Toronto en 1954) dont l’apport à l’opéra comme metteur en scène n’est plus à défendre. Il est bien l’un des rares avec David McVicar, Robert Lepage, le regretté Herbert Wernicke… entre autres, à respecter la partition tout en cherchant et trouvant souvent, les clés d’une nouvelle grille de lecture. Chez Carsen, s’impose une vision claire qui sait être à travers la partition abordée d’une éloquente cohérence dramatique. D’emblée le titre de l’ouvrage n’a pas laissé de marbre la Rédaction de classiquenews, tant c’est moins son visuel charnel que sa grande élégance esthétisante qui frappe dans chaque spectacle de Robert Carsen. Le metteur en scène a le sens de la composition, sait travailler les groupes (les chœurs ne lui posent aucun problème), comme les solistes, explicitant toujours par un jeu très affiné, les clés de chaque tableau, comme autant de situation dramatique. L’homme de théâtre est un esthète et un érudit qui maîtrise une masse impressionnante de références historiques et artistiques : son œil globalise et préserve toujours une vision et une cohérence qui assure la cohésion de chaque spectacle. Ainsi le théâtre s’affirme sans décalage dans une réalisation visuelle jamais tapageuse qui n’instrumentalise pas la musique au profit du théâtre : chant et jeu d’acteurs y trouvent un équilibre exemplaire. EN LIRE + CD : écoutes enchantées CD événement, compte rendu critique. Mondonville : Grands Motets. György Vasgheyi (2 cd Glossa, 2015) . Dans le sillon des chefs majeurs, Gardiner et William Christie : enfin un vrai grand tempérament pour exprimer le souffle et l’élégance de Rameau… CD événement, compte rendu critique. Mondonville : Grands Motets. György Vasgheyi (2 cd Glossa, 2015). Le geste des baroqueux essaime jusqu’en Hongrie : György Vashegyi est en passe de devenir par son implication et la sûreté de sa direction, le William Christie Hongrois… C’est un défricheur au tempérament généreux, surtout à la vision globale et synthétique propre aux grands architectes sonores. C’est aussi une affaire de sensibilité et de goût : car le chef hongrois goûte et comprend comme nul autre aujourd’hui, à l’égal de nos grands Baroqueux d’hier, la subtile alchimie de la musique française. György Vashgyi, maître… EN LIRE + CD événement, compte-rendu critique. CANTUS : Christian-Pierre La Marca, violoncelle (1 cd Sony classical 2015) . L’excellent Christian-Pierre la Marca fait chanter son violoncelle jusqu’aux étoiles… CD événement, compte-rendu critique. CANTUS : Christian-Pierre La Marca, violoncelle (1 cd Sony classical 2015). Ce qui frappe immédiatement et qui assure la profonde cohérence d’un programme qui n’aurait paru qu’éclectique voire décousu, c’est la finesse élégantissime du son de Christian-Pierre La Marca (né à Nice en 1983). L’interprète maîtrise totalement la puissance cuivrée et chaleureuse de son violoncelle Jean-Baptiste Vuillaume de 1856 : un chant évidemment vocal (d’où le titre “Cantus”), à l’éloquence pénétrante et troublante qui affirme l’indiscutable musicalité de l’instrumentiste. Les plus rétifs à ce genre d’exercice – panorama sacré-, resteront sur une impression mitigée, entre kitsch… EN LIRE + CD, compte rendu critique. Coffret Raconte-moi en musique (4 cd Deutsche Grammophon) . RIEN DE MIEUX que de transmettre aux plus jeunes l’enchantement qu’on a vécu soi-même au moment de la découverte musicale. Ce remarquable coffret de joyaux sonores vous le permettra… CD, coffret événement, annonce : ” Raconte moi en musique… .” (4 cd Deutsche Grammophon). C’est encore Noël en février 2016, grâce à Deutsche Grammophon. AUjourd’hui 12 février 2016 sort un coffret incontournable qui ravira la famille, parents et enfants. La force de la musique, c’est sa capacité à parler à notre imaginaire : ajoutez un texte récité ; le résultat dépasse souvent tout ce que l’on peut imaginer. Conte musical, ballet pour enfants (La Boîte à joujoux de Debussy), opéra conté… les formes sont multiples mais toujours c’est la formidable expressivité des instruments qui est mise en avant… EN LIRE + LE DERNIER HARNONCOURT EST… BEETHOVENIEN. On le pensait surtout mozartien, à la fois sombre et lumineux. Toujours mordant. Rien de tel : le dernier Harnoncourt est Beethovénien. Sony classical édite ses ultimes enregistrements avant la disparition du maestro au printemps 2016 (le 5 mars 2016 : lire notre dépêche, Disparition de Nikolaus Harnoncourt à l’âge de 86 ans )… CD événement. Le Beethoven idéal de Nikolaus Harnoncourt (Symphonies n°4 et 5 de Beethoven) … CD événement. Beethoven : Symphonies n°4, 5 (Concentus Musicus de Vienne, Nikolaus Harnoncourt, 2015 1 cd Sony classical). Harnoncourt a depuis fin 2015 fait savoir qu’il prenait sa retraite (LIRE notre dépêche : Nikolaus Harnoncourt prend sa retraite pour ses 86 ans, décembre 2015), cessant d’honorer de nouveaux engagements. Cet été le verra à Salzbourg, encore, dernière direction qui de principe est l’événement du festival estival autrichien en juillet 2016 (pour la 9ème Symphonie de Beethoven, le 25 juillet, Grosses Festpielhaus, 20h30, avec son orchestre, Concentus Musicus Wien). Or voici que sort après sa sublime trilogie mozartienne – les 3… EN LIRE + CD événement, compte rendu critique. Beethoven : Missa Solemnis : Nikolaus Harnoncourt (2015, 1 cd Sony classical). La Missa Solemnis de Beethoven : L’adieu à la vie d’Harnoncourt. On connaît évidemment la référence de l’œuvre, monument discographique indépassable par sa fièvre, sa poésie, son souffle collectif comme ses incises individuelles: la Missa Solemnis de Karajan enregistrée en 1985 (là aussi véritable testament artistique du maître autrichien) qui reste le sommet de l’esthétique Karajan de l’enregistrement. Un autre immense chef qui nous a donc quitté après l’avoir livrée, Nikolaus Harnoncourtl’intrépide (né berlinois en 1929, décédé en mars 2016), nous offre sa propre vision de la Solemnis (dans cet album qui serait donc son dernier enregistrement chez Sony). Pour celui qui utilise les instruments d’époque pour non plus ressusciter les partitions du passé mais bien les électriser, le défi de la Solemnis, arche morale et spirituelle est un but toujours ciblé, un Graal. Or dès 1954, la fondation de son propre ensemble Concentus Musicus à Vienne indique désormais la voie de la résurrection musicale. Jouer dans la joie. Recréer par la rhétorique et l’éloquence servie, le mouvement de l’échange, l’expressivité mordante, titillante du dialogue… Non plus divertir, mais déranger le public et les interprètes, et les secouer même s’il le faut. La direction toute d’atténuation sidérante dans la résolution finale de cette Solemnis, au rebondissement conclusif digne d’un opéra, atteint un degré de cohérence et d’extrême fragilité à couper le souffle. Harnoncourt y invite le silence et le mystère, inscrivant la fine ciselure instrumentale et collective dans l’ombre. Le dernier accord en ce sens est inscrit dans le silence, comme une révérence depuis le début présente, enfin exprimée. L’effet relève du miracle. EN LIRE + In memoriam Nikolaus Harnoncourt (1929 – 2016) Sony Classical annonce une prochaine intégrale Nikolaus Harnoncourt au dernier quadrimestre 2016 DVD : découverte et ivresse totales Fantastique, allégorique, enivré… l’imaginaire lyrique de Rachmannov est saisissant ; c’est la découverte majeure à laquelle invite ce dvd imprévu, d’une totale surprise : “RACHMANINOV TROIKA”, dévoilant la maturité dramatique du jeune Serguei… DVD, compte rendu critique. Rachmaninov Troika : Aleko, Le Chevalier ladre, Francesca da Rimini (2 dvd Bel Air Classiques). Connaissez vous le Rachma lyrique ? « Aleko » (1893), « Le Chevalier avare » et « Francesca da Rimini » (créés en 1906) sont les trois seuls opéras achevés par Sergei Rachmaninov. Ils sont réunis ici dans une production signé visuellement et théâtralement de Kirsten Dehlholm, avec le concours du collectif d’arts visuels Hotel Pro Forma sous le titre « Rachmaninov Troïka ». Bruxelles, juin 2015. La Monnaie affiche les 3 opéras achevés du jeune Rachmaninov : jeune génie adulé par Tchaikovski, d’une inspiration tragique, noire, pouchkinienne, où l’orchestre davantage que les solistes et le choeur (très présent dans les trois volets ainsi réunis en triptyque, surtout dans Francesca, pour l’évocation des enfers et des âmes maudites errant dans le 2ème cercle), est le vrai protagoniste de la performance. Alors en travaux le théâtre lyrique bruxellois se la joue “hors les murs”, ainsi pour les 3 ouvrages de Rachma, la performance du triptyque a lieu au Théâtre national de Bruxelles. EN LIRE + Sélection classiquenews 2016, opérée par Lucas Irom et Alban Deags, avec tous les rédacteurs cd, dvd, livres de classiquenews.com

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6 juillet

Festivals de Saints : nos 8 temps forts (8-16 juillet 2016)

Festival de Saintes 2016 : du 8 au 16 juillet 2016. 8 programmes événements à ne pas manquer… Encore une édition mémorable à Saintes. L’Abbaye aux Dames cultive cet éclectisme savoureux qui mêle gestes interprétatifs et programmes originaux, avec une confiance renouvelée aux artistes qui savent en exploiter les possibilités acoustiques au fur et à mesure de leur présence. Parmi les temps forts et les interprètes désormais familiers à Saintes à ne pas manquer en ce mois de juillet 2016 : 8 Temps forts du Festival de Saintes 2016 Sauf cas contraire et indiqué, tous les concerts événements ci dessous sélectionnés ont lieu à l’Abbaye aux Dames KING ARTHUR EN OUVERTURE. Très remarqué sous l’Abbatiale pour des concerts au son plein et sûr, Vox Luminis porté par le baryton Lionel Meunier -lui-même si admiratif de Philippe Herreweghe, « ose » l’opéra à Saintes, délaissant les programmes sacrés pour cet été en ouverture du Festival, l’étonnant King Arthur de Purcell : vendredi 8 juillet 2016, 21h. C’est aussi pour les festivaliers la première fois que l’opéra britannique du premier XVIIè investit la voûte de l’Abbaye aux Dames. Un must. VOIR notre grand reportage vidéo 2015 : la 3ème génération d’interprètes à Saintes dont Lionel Meunier . Le lendemain, samedi 9 juillet à 13h même lieu emblématique des grands concerts, l’ensemble Nevermind joue « Conversations », au programme les compositeurs de leur enregistrement éponyme déjà édité : Couperin, Telemann (un compositeur idéal pour leur formation puisqu’il a écrit ses Quatuors parisiens pour le même effectif que les quatre instrumentistes ici réunis : violon, flûte, viole de gamme et clavecin. VOIR le reportage de la résidence de Nevrmind à Saintes (février 2016) . Les jeunes tempéraments français auront à coeur de défendre Quentin, qui aux côtés de Telemann est emblématique de leur répertoire désormais. A 22h, ne manquez pas l’étonnante virtuosité introspective du pianiste trop rare en France Ivan Ilic (notre photo). Son programme redessine les fines filiations entre Scriabin et Satie, Satie et Cage . Invitation aux visions suspendues, éthérées grecs à deux doigts magiciens… que classiquenews suit depuis plusieurs années. Lundi 11 juillet, 19h30. Volupté vénitienne du Seicento. Succombez comme nous à l’instar de leur excellent double cd dédié au théâtre si sensuel des Vénitiens (CLIC de CLASSIQUENEWS d’octobre 2015), au geste, chant et direction de la soprano Mariana Florès et de son époux, le chef Leonardo Garcia Alarcon, pour « il teatro dei Sensi », sélection de grandes scènes des opéras de l’illustre Cavalli, le seul Vénitien qui Mazarin fit venir à grands frais à Paris pour y divertir le jeune Louis XIV et la Cour de France. Mardi 12 juillet, 19h30. Saintes est devenu avec éclat un foyer d’intense symphoniste, en particulier classique et romantique, grâce aux sessions de travail et de répétitions réalisées par les instrumentistes apprentis du JOA. C’est aussi, en liaison avec la présence emblématique in loco de Philippe Herreweghe, le jeu tout en finesse et puissance, articulation et intensité, de l’Orchestre des Champs Elysées qui joue ce 12 juillet, les grands classiques du romantisme le plus ardent donc le plus irrésistible : Symphonies n°5 et 7 de Beethoven. Mercredi 13 juillet 2016, 19h30. La mélodie française au sommet. Véronique Gens revient à Saintes pour y défendre un répertoire qu’elle porte et embrase depuis longtemps mais qui actuellement, au regard de ses possibilités récentes, atteint des prodiges : sous la voûte de l’église abbatiale, la soprano vedette, chante Duparc, Chausson, Hahn, Debussy… soit les compositeurs qui font la réussite de son excellent disque « Néère », avec la complicité de la pianiste Susan Manoff (CD Néère, CLIC de CLASSIQUENEWS d’octobre 2015 ). Jeudi 14 juillet 2016, 19h30. Autre sommet d’intelligence, d’audace expérimentale, de feu fervent collectif et solistique, le Vespro della Beata Vergine / Les Vêtres de la Vierge de Claudio Monteverdi de 1610, qui est ce que sera après lui chez Bach, La Messe en si mineur, une somme musicale inclassable dont l’ampleur, l’imagination, l’écriture restent indépassées à leur époque respective. Les interprètes de La Tempête, distingué par un CLIC de CLASSIQUENEWS abordent le chef d’oeuvre de Monteverdi. BRUCKNER CONCLUSIF… le samedi 16 juillet 2016, 19h30. Enfin, conclusion marquée sous le sceau de la transmission et du perfectionnement des jeunes instrumentistes, le concert de clôture promet un nouveau jalon dans l’expérience musicale des musiciens apprentis du JOA, Jeune Orchestre de l’Abbaye : sous la direction de Philippe Herreweghe, les jeunes talents jouent de Bruckner, la Symphonie n°6. Que donneront les jeunes esprits canalisés dans l’une des Symphonies les plus sauvages, mais aussi les mieux structurées de tout l’œuvre brucknérien ? Philippe Herrewghe défend depuis des années sa propre vision et compréhension du massif brucknérien, comme Bach ou Mahler, il a même été l’auteur d’un ouvrage biographique sur Anton Burckner . Sur le plan artistique, Bruckner fait sa grande entrée à Saintes, preuve si nécessaire, que l’Abbaye aux Dames n’est plus cette Mecque du baroque dont on nous a faussement rebattu les oreilles. A Saintes et nul part ailleurs, souffle un vent d’audace et d’originalité qui dépoussière définitivement les œuvres abordées. Festival incontournable. RESERVEZ VOS BILLETS et ORGANISEZ VOTRE SEJOUR A SAINTES sur le site du Festival de Saintes 2016



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5 juillet

Dans les Jardins de William Christie 2016

VENDEE. Festival Dans les Jardins de William Christie, du 20 au 27 août 2016. La 5ème édition d’un festival unique en France en ce qu’il mêle avec raffinement, nature et musique propose en 7 jours, une programmation équilibrée et diverses. Idéalement acclimatée aux bosquets, prairies, sousbois, cloître ou théâtre de verdure du parc dessiné par William Christie, les concerts se déploient avec la grâce et le naturel propres aux Arts Florissants, chanteurs et instrumentistes familiers de l’ensemble fondé par William Christie en 1979, auxquels se joignent les jeunes tempéraments invités : jeunes chanteurs lauréats du dernier Jardin des voix et apprentis musiciens venus de la Juilliard School de New York. William Christie vous invite dans ses jardins, le temps d’un festival enchanteur Baroque sur bocage Le cocktail artistique est irrésistible et forme chaque festival, les délices et découvertes à l’adresse des publics. L’espace des jardins étant intimiste, le nombre de festivaliers chaque jour est encadré et nous vous recommandons d’appeler au préalable la billetterie pour connaître l’état de la fréquentation et s’il est possible de vous présenter le jour même. Temps forts et programmes incontournables cet été à Thiré : Ateliers, Contes, Concerts-Promenades, visites… une offre diverse et complète pour visiter tous les sites du parc. Parmi les programmes de l’après midi, ne manquer le Conte musical (chaque jour à 15h45), ou l’Atelier en famille (même heure, destiné aux jeunes mélomanes et leurs parents qui sous la conduite de l’ex soprano vedette Sophie Daneman apprennent le chant et les secrets de l’écriture baroque avec les instrumentistes et les chanteurs des Arts Florissants : l’expérience a été filmée par le studio classiquenews : elle est unique et inoubliable ) ; visite des jardins tous les jours à 15h45 également : en quoi les jardins de William Christie sont uniques et continuent d’évoluer… Puis de 16h45 à 19h, les artistes jouent à l’ombre des arbres ou près de l’onde, les programmes musicaux dans le cadre des concerts promenades (avec le point d’orgue : le concert de William Christie, en général dans le Jardin rouge (à vous de le localiser et de ne pas manquer l’heure)… A 20h30, production sur le miroir d’eau : Les 20 et 21 août, « Le Jardin des songes », programme conçu pour le choeur et l’orchestre des Arts Florissants. La sélection des airs choisis exprime toutes les émotions suscitées par le spectacle du bocage et des bosquets où vivent nymphes et parques (séquences musicales extraites des opéras de Lully, Rossi, Purcell, Charpentier, Rameau, caméra, Monteverdi…). Parmi les instrumentistes, les jeunes talents du programme pédagogique, Arts Flo juniors. Les 26 et 27 août, reprises de Monsieur de Pourceaugnac. Dans la mise en scène de Clément Hervieu-Léger, William Christie dirige la comédie ballet de Molière et Lully. La production transposée dans les années 1950, se délecte de la verve mordante de Molière qui épingle sans pareil médecin, avocat… tout un imbroglio de situations et de personnages haut en couleurs et en tempéraments qui se moquent ouvertement du trop naïf Pourceaugnac, provincial venu à la ville pour prendre épouse (du moins le croît-il). C’est la victime désignée de cette copieuse, généreuse mise à mort où Lully n’évite rien à ce crédule dont le type a toujours su faire rire les courtisans sans humanité (voir Platée un siècle plus tard… qui reprend le même motif d’un collectif cruel et railleur. Situations cocasses, confrontations en tous genres : le talent des Arts Florissants est stimulé par une comédie d’une vivacité impeccable, divertissante et touchante. CONCERTS DU SOIR A L’EGLISE… N’oubliez pas aussi, chaque soir du 21 au 26 août (sauf le 23 août qui est relâche), à 20h30, les concerts de musique sacrée (Divine Hymns les 21 et 22 août / Handel et Corelli le 24 août ; Les Maîtres du motet français es 25 et 26 août) ; puis pour accompagner les premières heures de la nuit étoilée, l’église enchaîne avec le dernier concert « Méditations à l’aube de la nuit » (à 22h, où il est fortement recommandé de ne pas applaudir comme le souhaitent les artistes dont William Christie et Paul Agnew ; programmes doublés en raison de l’affluence, à 23h les 21 et 26 août) INFOS et RESERVATIONS sur le site du festival Dans les Jardins de William Christie Du 20 au 27 août 2016 RESERVEZ aussi sur le site de la Billetterie du Département de la Vendée (possibilité d’imprimer ses billets chez soi ou de les télécharger sur votre mobile) VOIR aussi notre reportage vidéo Dans les Jardins de William Christie 2015 , présentation du parc Depuis 30 ans à Thiré en Vendée, le chef d’orchestre fondateur des Arts Florissants, William Christie a fait surgir un éden végétal, une claire évocation du paradis terrestre qui fait aussi la synthèse de ses goûts personnels en matière de jardin. Thiré classé jardin remarquable (2004) est le fruit enchanteur d’une quête menée depuis 50 ans par le musicien passionné par les arbres et les espèces végétales. Dans les jardins de William Christie… se dessine un miracle d’harmonie et de poésie où se dévoilent divers modèles : l’Italie, les Arts & Crafts, l’ordonnance française… présentation des jardins d’un chef architecte de la nature © CLASSIQUENEWS (réalisation : Philippe Alexandre Pham). Un Festival estival a élu aussi son séjour dans cet écrin miraculeux : chaque dernière semaine d’août, Les Jardins de William Christie accueille un festival magique unique au monde, associant comme nul part ailleurs musique et nature…

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23 juin

Compte rendu, Festivals. Festival « Bonjour Frankreich », Potsdam, les 16, 17, 18 juin 2016.

Compte rendu, Festivals. Festival « Bonjour Frankreich », Potsdam, les 16, 17, 18 juin 2016. En écho aux relations étroites nouées par la Prusse de Frédéric II avec la France de Voltaire, le Festival de Potsdam a consacré fort judicieusement sa thématique annuelle à la musique française, moins goûtée que la musique italienne par les Allemands qui ne juraient que par l’opéra séria des Italiens. Porter à la connaissance du public germanophone le répertoire Renaissance des chansons madrigalesques, les airs populaires des régions de France et de la Nouvelle-France, avant de lui offrir la quintessence du génie lullyste, permettait aussi de rappeler que ce répertoire n’était pas totalement étranger à la culture allemande, quand on songe notamment à l’influence qu’elle a pu avoir sur le répertoire lyrique hambourgeois au début du XVIIIe siècle. DE QUÉBEC À VERSAILLES : Postdam à l’heure française Lors du premier concert, le 16 juin, les Musiciens de Saint-Julien ont ébloui le public avec des musiques populaires, associées aux airs de cour plus savants d’un Boësset. De façon originale, le programme soulignait à la fois le point de vue français d’un étranger (les danses bretonnes ou les branles du Poitou d’un Praetorius) et le point de vue étranger d’un Français (Pierre Phalèse, Gaillarde d’Écosse), auxquels s’ajoutaient les pièces plus classiques de Purcell (« O Solitude ») ou de Rameau (les « Rossignols amoureux » d’Hyppolite et Aricie). La flûte à la fois ductile, virtuose et précise de François Lazarevitch donnait l’impression d’une improvisation constante, tout comme le violon sautillant de David Greenberg, époustouflant de naturel dans les Irische et Scottische Suiten. Dans l’acoustique merveilleuse de la Ovidesaal des Neuen Kammern tous les instruments sonnaient avec plénitude et accompagnaient une Élodie Fonnard à la diction exemplaire, y compris dans la déclamation du français restitué qui sonne ici, dans le contexte des voyages musicaux intercontinentaux, comme délicieusement exotique (ce dont témoigne en particulier un air sacré chanté en dialecte huron !). On soulignera en outre l’extraordinaire performance du danseur Luc Gaudreau dans l’éloquence du geste chorégraphié, d’une précision entomologique. La virtuosité se fait alors grâce infinie, à l’image des interprètes et d’un programme en tous points exemplaire. Le lendemain (17 juin), dans l’écrin somptueux de la Raphaelsaal du château de l’Orangerie, les Clément Janequin, associés aux Sacqueboutiers de Toulouse, ont repris leur légendaire programme Rabelais (enregistré par Harmonia Mundi). Ils étaient accompagnés par le comédien Pierre Margot qui lisait entre les pièces des extraits du roman de Gargantua (y sont évoqués la naissance du personnage, son éducation, l’abbaye de Thélème, sa passion effrénée pour la boisson) avec une truculence et une drôlerie très communicative. La soirée fut là encore mémorable. Le temps décidément n’a guère de prise sur cet ensemble, et en particulier sur Dominique Visse, dont la voix flûtée et juvénile, quarante après ses débuts, n’a pas pris une ride. Il fallait entendre les aboiements de la Chasse, les onomatopées de la Guerre et de « Nous sommes de l’ordre de Saint-Babouyn » de Loyset Compère, mais aussi les pièces plus élégiaques de Roland de Lassus ou d’Antoine Bertrand, mettant en musique des sonnets de du Bellay ou de Louise Labé, pour goûter l’étendue du génie interprétatif des Janequin, aussi à l’aise dans la rigueur joyeuse du désordre que dans la mélancolique cantilène de la plainte. Mais le point d’orgue fut constitué le surlendemain (18 juin 2016) par la première d’Armide de Lully, importée du Festival d’Innsbruck, et marquant le début d’une étroite collaboration entre le Festival de Potsdam et le CMBV. La reprise fut marquée par des changements dans la distribution (les deux rôles principaux) et une nécessaire adaptation au lieu (l’acoustique en plein air peu généreuse de la cour de la Faculté de Théologie laissa la place à celle beaucoup plus gratifiante de l’Orangerie). On pourrait regretter les coupes opérées dans la partition (le prologue, de larges pans de l’acte IV et de nombreux chœurs, dont ceux de la passacaille), mais la cohérence dramaturgique est parfaitement respectée et l’œuvre est servie admirablement par l’orchestre des Folies françoises aux couleurs chatoyantes, rehaussées par certains instruments « originaux » reconstitués par le CMBV (les quintes de violon impressionnants tenus sous le menton) et une direction roborative de Patrick Cohen-Akenine, toujours attentif à la rhétorique du drame, même si on pouvait regretter certains choix de tempi rapides. Les chanteurs, jeunes, pour la plupart lauréats du concours « Cesti » d’Innsbruck, et provenant de multiples horizons géographiques (Italie, Israël, Canada, Grande-Bretagne) ont montré une exceptionnelle capacité à s’adapter aux difficultés redoutables de la diction française. L’Armide d’Émilie Renard impressionne par sa puissance dramatique, alors qu’elle atteint dans les dernières scènes une réelle grandeur tragique (« Renaud, ô ciel ! O mortelle peine ! »), tandis que le Renaud de Rupert Charlesworth, personnage finalement assez secondaire, a la grâce d’une vraie voix de Haute-contre à la française, à peine embarrassée dans les moments les plus tendus. Enguerrand de Hys, pourtant peu habitué à ce répertoire, confirme son immense talent : son timbre clair et sonore, d’une parfaite élocution, fait merveille ; talents plus que prometteurs la Phénicie de Daniela Skorka, la Sidonie de Miriam Albano ou le Ubalde/Aronte de Tomislav Lavoie (pour nous la révélation de la soirée) : tous ont compris le sens de la notion de discours classique, essentiel dans l’opéra français. Dans le rôle de la Haine, l’inusable Jeffrey Francis laisse transparaître derrière son accent américain chantant, un abattage qui fait mouche. Quant à l’Hidraot de Pietro di Bianco, ses graves somptueux font regretter une élocution un peu engorgée, dans un style plus belcantiste que dix-septiémiste. Mais il faut surtout louer le remarquable travail de Deda Cristina Colonna. Quelle excellente idée d’avoir confié à une chorégraphe baroque la mise en scène d’Armide ! La troupe de la Nordic Baroque Dancers, absolument magnifique, n’est pas un élément adventice ou ornemental, mais participe pleinement à l’efficacité rhétorique de la tragédie. Dramatiser la chorégraphie permet d’unifier avec pertinence les éléments hétérogènes de l’opéra et rappelle à quel point celui-ci est né de la danse. Les costumes d’un grand raffinement, les lumières et la vidéo pertinente de Francesco Vitali témoignent d’une utilisation ingénieuse des moyens limités de la production (les mannequins habillés de pourpoints aux riches brocards, à la fois figurants et éléments de décor ou la projection d’abord d’un jardin labyrinthique, puis de la galerie de l’Orangerie qui se délite, détruite par les démons au moment où Armide part sur un char volant). Au final, une soirée magnifique, prélude idéal au jumelage annoncé entre les deux cités royales de Potsdam et Versailles. Illustrations : Armide © Stefan Gloede

Henry Purcell
(1659 – 1695)

Henry Purcell (10 septembre 1659 - 21 novembre 1695) est un musicien et compositeur de musique baroque. On admet généralement que Purcell a été le plus grand compositeur anglais de naissance (Haendel ayant été anglais par naturalisation). Purcell a incorporé à sa musique des éléments des styles français et italien, mais a développé un style anglais particulier.



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