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Musique classique et opéra par Classissima

Henry Purcell

vendredi 1 juillet 2016


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23 juin

Compte rendu, Festivals. Festival « Bonjour Frankreich », Potsdam, les 16, 17, 18 juin 2016.

Classiquenews.com - ArticlesCompte rendu, Festivals. Festival « Bonjour Frankreich », Potsdam, les 16, 17, 18 juin 2016. En écho aux relations étroites nouées par la Prusse de Frédéric II avec la France de Voltaire, le Festival de Potsdam a consacré fort judicieusement sa thématique annuelle à la musique française, moins goûtée que la musique italienne par les Allemands qui ne juraient que par l’opéra séria des Italiens. Porter à la connaissance du public germanophone le répertoire Renaissance des chansons madrigalesques, les airs populaires des régions de France et de la Nouvelle-France, avant de lui offrir la quintessence du génie lullyste, permettait aussi de rappeler que ce répertoire n’était pas totalement étranger à la culture allemande, quand on songe notamment à l’influence qu’elle a pu avoir sur le répertoire lyrique hambourgeois au début du XVIIIe siècle. DE QUÉBEC À VERSAILLES : Postdam à l’heure française Lors du premier concert, le 16 juin, les Musiciens de Saint-Julien ont ébloui le public avec des musiques populaires, associées aux airs de cour plus savants d’un Boësset. De façon originale, le programme soulignait à la fois le point de vue français d’un étranger (les danses bretonnes ou les branles du Poitou d’un Praetorius) et le point de vue étranger d’un Français (Pierre Phalèse, Gaillarde d’Écosse), auxquels s’ajoutaient les pièces plus classiques de Purcell (« O Solitude ») ou de Rameau (les « Rossignols amoureux » d’Hyppolite et Aricie). La flûte à la fois ductile, virtuose et précise de François Lazarevitch donnait l’impression d’une improvisation constante, tout comme le violon sautillant de David Greenberg, époustouflant de naturel dans les Irische et Scottische Suiten. Dans l’acoustique merveilleuse de la Ovidesaal des Neuen Kammern tous les instruments sonnaient avec plénitude et accompagnaient une Élodie Fonnard à la diction exemplaire, y compris dans la déclamation du français restitué qui sonne ici, dans le contexte des voyages musicaux intercontinentaux, comme délicieusement exotique (ce dont témoigne en particulier un air sacré chanté en dialecte huron !). On soulignera en outre l’extraordinaire performance du danseur Luc Gaudreau dans l’éloquence du geste chorégraphié, d’une précision entomologique. La virtuosité se fait alors grâce infinie, à l’image des interprètes et d’un programme en tous points exemplaire. Le lendemain (17 juin), dans l’écrin somptueux de la Raphaelsaal du château de l’Orangerie, les Clément Janequin, associés aux Sacqueboutiers de Toulouse, ont repris leur légendaire programme Rabelais (enregistré par Harmonia Mundi). Ils étaient accompagnés par le comédien Pierre Margot qui lisait entre les pièces des extraits du roman de Gargantua (y sont évoqués la naissance du personnage, son éducation, l’abbaye de Thélème, sa passion effrénée pour la boisson) avec une truculence et une drôlerie très communicative. La soirée fut là encore mémorable. Le temps décidément n’a guère de prise sur cet ensemble, et en particulier sur Dominique Visse, dont la voix flûtée et juvénile, quarante après ses débuts, n’a pas pris une ride. Il fallait entendre les aboiements de la Chasse, les onomatopées de la Guerre et de « Nous sommes de l’ordre de Saint-Babouyn » de Loyset Compère, mais aussi les pièces plus élégiaques de Roland de Lassus ou d’Antoine Bertrand, mettant en musique des sonnets de du Bellay ou de Louise Labé, pour goûter l’étendue du génie interprétatif des Janequin, aussi à l’aise dans la rigueur joyeuse du désordre que dans la mélancolique cantilène de la plainte. Mais le point d’orgue fut constitué le surlendemain (18 juin 2016) par la première d’Armide de Lully, importée du Festival d’Innsbruck, et marquant le début d’une étroite collaboration entre le Festival de Potsdam et le CMBV. La reprise fut marquée par des changements dans la distribution (les deux rôles principaux) et une nécessaire adaptation au lieu (l’acoustique en plein air peu généreuse de la cour de la Faculté de Théologie laissa la place à celle beaucoup plus gratifiante de l’Orangerie). On pourrait regretter les coupes opérées dans la partition (le prologue, de larges pans de l’acte IV et de nombreux chœurs, dont ceux de la passacaille), mais la cohérence dramaturgique est parfaitement respectée et l’œuvre est servie admirablement par l’orchestre des Folies françoises aux couleurs chatoyantes, rehaussées par certains instruments « originaux » reconstitués par le CMBV (les quintes de violon impressionnants tenus sous le menton) et une direction roborative de Patrick Cohen-Akenine, toujours attentif à la rhétorique du drame, même si on pouvait regretter certains choix de tempi rapides. Les chanteurs, jeunes, pour la plupart lauréats du concours « Cesti » d’Innsbruck, et provenant de multiples horizons géographiques (Italie, Israël, Canada, Grande-Bretagne) ont montré une exceptionnelle capacité à s’adapter aux difficultés redoutables de la diction française. L’Armide d’Émilie Renard impressionne par sa puissance dramatique, alors qu’elle atteint dans les dernières scènes une réelle grandeur tragique (« Renaud, ô ciel ! O mortelle peine ! »), tandis que le Renaud de Rupert Charlesworth, personnage finalement assez secondaire, a la grâce d’une vraie voix de Haute-contre à la française, à peine embarrassée dans les moments les plus tendus. Enguerrand de Hys, pourtant peu habitué à ce répertoire, confirme son immense talent : son timbre clair et sonore, d’une parfaite élocution, fait merveille ; talents plus que prometteurs la Phénicie de Daniela Skorka, la Sidonie de Miriam Albano ou le Ubalde/Aronte de Tomislav Lavoie (pour nous la révélation de la soirée) : tous ont compris le sens de la notion de discours classique, essentiel dans l’opéra français. Dans le rôle de la Haine, l’inusable Jeffrey Francis laisse transparaître derrière son accent américain chantant, un abattage qui fait mouche. Quant à l’Hidraot de Pietro di Bianco, ses graves somptueux font regretter une élocution un peu engorgée, dans un style plus belcantiste que dix-septiémiste. Mais il faut surtout louer le remarquable travail de Deda Cristina Colonna. Quelle excellente idée d’avoir confié à une chorégraphe baroque la mise en scène d’Armide ! La troupe de la Nordic Baroque Dancers, absolument magnifique, n’est pas un élément adventice ou ornemental, mais participe pleinement à l’efficacité rhétorique de la tragédie. Dramatiser la chorégraphie permet d’unifier avec pertinence les éléments hétérogènes de l’opéra et rappelle à quel point celui-ci est né de la danse. Les costumes d’un grand raffinement, les lumières et la vidéo pertinente de Francesco Vitali témoignent d’une utilisation ingénieuse des moyens limités de la production (les mannequins habillés de pourpoints aux riches brocards, à la fois figurants et éléments de décor ou la projection d’abord d’un jardin labyrinthique, puis de la galerie de l’Orangerie qui se délite, détruite par les démons au moment où Armide part sur un char volant). Au final, une soirée magnifique, prélude idéal au jumelage annoncé entre les deux cités royales de Potsdam et Versailles. Illustrations : Armide © Stefan Gloede

Classique... mais pas has been

17 juin

Festival de Saintes 2016 : les temps forts !

FESTIVAL – L’édition 2016 du Festival de Saintes s’annonce du 8 au 16 juillet. Voici les temps forts de la programmation. Une ouverture festive L’édition 2016 s’ouvre le 8 juillet à 21h avec « Le Roi Arthur » d’Henry Purcell. Ce petit opéra racontant l’épopée des chevaliers de la table-ronde est un bijou, un condensé […]




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1 juin

PARIS : le Festival MEZZO commence ce soir

PARIS. Festival PARIS MEZZO: 1er-24 juin 2016. Il manquait à Paris un vrai grand festival, à la fois exigeant, et aussi éclectique, servant TOUS les répertoires (du Baroque au contemporain), plusieurs lieux et site emblématiques de la Capitale, et diverses formes musicales (chœur, musique de chambre, voix, orchestre…) programmées. C’est chose faite avec le nouveau Festival Paris Mezzo, qui donc affiche du 1er au 24 juin prochains : le violonistes Nemanja RADULOVIC, les chanteurs Charles CASTRONOVO, Ermonela JAHO ; le joueur de mandoline, mais aussi Avi AVITAL, Beatrice RANA, Yan LEVIONNOIS, et le choeur TENEBRAE … soit 5 grands concerts dans 4 lieux mythiques de la capitale : Les Folies Bergère, le Théâtre des Champs-Elysées, la Salle Gaveau, la Sainte-Chapelle… Toutes les infos, la billetterie : www.festivalparismezzo.mezzo.tv Festival PARIS MEZZO 5 grands concerts / 4 lieux mythiques de la capitale : Les Folies Bergère, le Théâtre des Champs-Elysées, la Salle Gaveau, la Sainte-Chapelle. détail des programmes des 5 dates événements Mercredi 1er juin 2016, 20h, Folies Bergère Nemanja RADULOVIĆ, violon Laure Favre-Kahn, piano Double Sens Pièces pour violon et orchestre à cordes de Bach, Vivaldi, Brahms, Dvorak, Prokofiev, Tchaikovski, Chostakovitch, Khachatourian, Williams et Monti Mardi 7 juin juin 2016, 20h, Théâtre des Champs-Elysées Ermonela JAHO Charles CASTRONOVO Orchestre national d’Île-de-France Marco Zambelli Airs et duos d’opéras français et italiens Mercredi 15 juin 2016, 20h30, Salle Gaveau Beatrice RANA, piano Yan LEVIONNOIS, violoncelle Pierre Fouchenneret, violon Guillaume Chilemme, violon Marie Chilemme, alto Pièces pour violoncelle, piano et trio à cordes de Frédéric Chopin et Franz Schubert Lundi 20 juin 2016, 20h30, Salle Gaveau Avi AVITAL, mandoline Camille POUL, soprano Academy of Ancient Music Pièces pour mandoline et cordes d’Antonio Vivaldi et Giovanni Paisiello – Mélodie traditionnelle Vendredi 24 juin 2016, 20h30, Sainte-Chapelle Chœur TENEBRÆ, Nigel Short, direction Airs de Lobo, Purcell, Tallis, Lotti, Allegri, Tavener, Sheremetiev, Holst, Whitacre, Harris http://festivalparismezzo.mezzo.tv



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30 mai

Jean-Claude Malgoire dirige L’Italienne à Alger

PARIS, TCE, les 8 et 10 juin. L’Italienne à Alger de Rossini. Nouveau Rossini subtil et facétieux , pour lequel Jean-Claude Malgoire retrouve le metteur en scène Christian Schiaretti, soit 10 ans de coopération inventive, colorée, poétique. La production de l’Atelier Lyrique de Tourcoing est présentée telle une “création prometteuse” : Malgoire retrouve ainsi la verve rossinienne, après l’immense succès de son Barbier de Séville qui en 2015 avait souligné la 30ème saison de l’ALT (Atelier Lyrique de Tourcoing). Pour le chef Fondateur de La Grande Ecurie et la Chambre du Roy, revenir à Rossini c’est renouer avec l’adn de sa fine équipe de musiciens et de chanteurs : Cyrus à Babylone, Tancrède / Tancredi (2012) L’échelle de soie en marquent les jalons précédents. Pour L’Italienne à Alger (créé en 1813 à Venise par un jeune auteur de … 21 ans), le chef aborde une nouvelle perle théâtrale et lyrique qui diffuse le goût exotique pour le Moyen Orient et les Indes, un monde lointain et fantasmatique qui fascine et intrigue à la fois… curiosité tenace depuis l’Enlèvement au Sérail de Mozart et avant, Les Indes Galantes de Rameau, pour le XVIIIè, sans compter Indian Queen, ultime opéra (laissé inachevé) de Purcell à la fin du XVIIè. On voit bien que l’orientalisme à l’opéra fait recette, mais Rossini le traite avec une finesse jubilatoire et spirituelle de première qualité. Jean-Claude Malgoire a à cœur de caractériser la couleur comique et poétique de l’ouvrage (bien audible dans la banda turca, les instruments de percussion métalliques : cymbale, triangle, etc…). Délirant et souverainement critique, Rossini produit un pastiche oriental – comme Ingres dans sa Grande Odalisque, mais revisité sous le prisme de sa fabuleuse imagination. Avec Schiaretti, précédent partenaire de L’Echelle de soie, Jean-Claude Malgoire ciblera l’intelligence rossinienne, faite d’économie et de justesse expressive. Soulignons dans le rôle centrale d’Isabella, la jeune mezzo Anna Reinhold et son velouté flexible déjà applaudie au jardin des Voix de William Christie, et récemment clé de voûte du cd / programme intitulé Labirinto d’Amore d’après Kapsberger (CLIC de classiquenews de juillet 2014) L’italienne à Alger Opéra — création Opéra bouffe en deux actes de Gioachino Rossini (1792-1868) Livret d’Angelo Anelli Créé le 22 mai 1813 au Teatro San Benedetto à Venise Direction musicale : Jean Claude Malgoire Mise en scène : Christian Schiaretti Isabella, Anna Reinhold Lindoro, Artavazd Sargsyan Taddeo, Domenico Balzani Mustafa, Sergio Gallardo Elvira, Samantha Louis-Jean Haly, Renaud Delaigue Zulma, Lidia Vinyes-Curtis Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing La Grande Ecurie et la Chambre du Roy Vendredi 20 mai 2016, 20h Dimanche 22 mai 2016, 15h30 Mardi 24 mai 2016, 20h TOURCOING, Théâtre Municipal Raymond Devos Mercredi 8 juin 2016 19h30 Vendredi 10 juin 2016 19h30 PARIS, Théâtre des Champs Elysées Représentation du vendredi 20 mai en partenariat avec EDF Représentation du mardi 24 mai en partenariat avec la Banque Postale Tarifs de 33 à 45€ / 6€ – 18 ans /10€ – 26 ans / 15€ demandeurs d’emploi RENSEIGNEMENTS /RÉSERVATIONS 03.20.70.66.66 www.atelierlyriquedetourcoing.fr SYNOPSIS. Orient / occident : une sexualité pimentée, renouvelée, terreau fertile aux rebondissements comiques. Si Rossini dans sa musique recherche des couleurs orientalisantes (percussions et cuivres très présents), le bey d’Alger, Mustafa (basse) s’étant lassé de son épouse en titre (Elvira) recherche plutôt une nouvelle compagne italienne (Isabella, alto) afin de pimenter son quotidien domestique / érotique. Mais cette dernière aime Lindoro (ténor) qui comme elle, est prisonnier de l’oriental. Au sérail, les deux amants italiens parviennent à s’échapper grâce à la confusion d’une mascarade fortement alcoolisée : après avatars divers et moult quiproquos, en fin d’action, Mustafa revenu à la raison, retrouve sa douce Elvira, délaissée certes, mais toujours amoureuse… La verve comique, la saveur trépidante, l’esprit et la finesse sont les qualités d’une partition géniale, où le jeune et précoce Rossini sait mêler le pur comique bouffon, souvent délirant et décalé (trio truculent de la grosse farce du trio “Pappatacci”), et la profondeur psychologique qui approche le seria tragique. Le profil d’Isabella, à la féminité noble, les airs virtuoses pour ténor (Lindoro) saisissent par leur profondeur et leur justesse, d’autant que les couleurs de l’orchestre rossinien, touchent aussi par leur raffinement nouveau. Après l’Italienne, Rossini affirme son jeune génie et la précocité de ses dons lyriques versatiles dans l’ouvrage suivant Il Turco in Italia (1813), autre bouffonnerie d’une élégance irrésistible. Toujours en avance sur les tendances du goût, la musique marque ainsi une curiosité que Delacroix (Les femmes d’Alger, 1834) ou Ingres (Le Bain turc, 1864), illustreront à leur tour selon leur goût, mais des décennies plus tard.

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26 mai

DVD, compte rendu critique. PURCELL : The Indian Queen (Musica Aeterna, Currentzis, Sellars) Madrid 2013 (2 dvd Sony classical)

DVD, compte rendu critique. PURCELL : The Indian Queen (Musica Aeterna, Currentzis, Sellars) Madrid 2013 (2 dvd Sony classical). PURCELL FRATERNEL, HUMANISTE, réactualisé. Au coeur de la guerre imaginaire entre Incas du Pérou et mexicains Aztèques menés par le conquérant Montezuma, Purcell développe et cultive les avatars de la guerre amoureuse ; ainsi l’astucieux Montezuma vainc la reine Zempoalla, le prince Acacis, son ami, et le général Traxalla. Parmi les vaincus incas se distingue la belle Orazia qui aime d’un amour réciproque le brillant vainqueur. Arrêtés les deux amants issus des camps opposés sont séparés puis réunis grâce à Acacis. Zempoalla et Traxalla finissent par se suicider, et Montezuma peut simposer à tous car il réunit les deux peuples du fait même de son ascendance : il est le fruit des amours entre la reine Aztèque Amexia et un Inca. Même opposés, les peuples sont tôt ou tard appelés à pactiser. Une telle vision finalement pacifiste, humaniste, surtout fraternelle, ne pouvait que séduire et inspirer Peter Sellars. D’autant plus que le metteur en scène a depuis longtemps le goût de la culture amérindienne, précolombienne, latine. PURCELL COMPLÉTÉ. De la fantaisie exotique amérindienne inventée par John Dryden, Peter Sellars suit la direction du donneur d’ordre de cette production soit Gérard Mortier, l’ex et regretté directeur de l’Opéra de Paris pour lequel l’opéra est d’abord du théâtre engagé. Pour illustrer le choc entre les deux civilisations, Peter Sellars et Teodor Currentzis complètent The Indian Queen de Purcell, en choisissant les textes ajoutés extraits d’une nouvelle, ‘”La niña blanca y los pajaros sin pies” (La jeune fille blanche et les oiseaux sans pieds), écrite par Rosario Aguilar, écrivaine nicaraguayenne qui est devenue, en 1999, la première femme membre de l’’Academia Nicaragüense de la Lengua”, cénacle motivée pour défendre la langue espagnole au Nicaragua. La nouvelle évoque le destin de six femmes, dont celles qui au XVIème siècle accompagnent les conquistadors dans l’épopée vers le Nouveau Monde, mais aussi l’histoire d’amour de deux journalistes, une jeune Nicaraguayenne et un reporter espagnol, chargés de couvrir la campagne électorale de 1990 qui scelle la défaite du sandiniste Daniel Ortega. Toujours, la rencontre de deux nations, l’union espérée, éprouvée, reportée de deux peuples… Ainsi toute la musique de Purcell originelle soit 50 mn est intégrée à un vaste cycle poétique et musical entrecoupé de textes de Rosario Aguilar, lesquels traduits en anglais sont récités par Maritxell Carrero, jeune actrice portoricaine, sorte de sybille moderne exprimant sur scène, par la gestuelle exclamative, la forte tension passionnelle de chaque situation. Il en découle un spectacle total – avec danses conçues par le chorégraphe Christopher William, de plus de 3h de durée avec ouverture et prologue. Dès l’ouverture, les esprits de la terre accompagnent et manipulent chacun des protagonistes. L’intrusion du début joue de la double lecture historique : les militaires en treillis qui surgissent en véhicule blindé, accompagnés par le prêtre incontournable qui donne la cou e être morale, sont autant les Espagnols d’Hernan Cortes qui découvrent les Tlaxcalans, que les Marines débarquant au Nicaragua dans les années 30 pour mater la guérilla conduite par le général Augusto Sandino. Le Prologue correspondant au I de l’Indian Queen de Purcell dénonce les désastres de la guerre. Difficile ici d’accepter le timbre de soprano aigu et acide-aigre du coréen Vince Yi ; la couleur est exotique à souhaits mais l’âpreté de sa voix dérange ; en revanche, Julia Bullock est l’indigène Teculihuatzin, une figure brillante et profonde qui se distingue nettement. Au I s’affirme alors Nadine Koutcher en Doña Isabel, sœur émouvante (O, solitude), d’une sincérité indiscutable. A la douceur voluptueuse des airs de Purcell tels donc : “O, solitude”, “I will sing unto the Lord as long as i live”, “Blow up the trumpet”, le sublime et tendure “Sweeter than roses” répond sur le plan narratif la violence irréversible avec laquelle les Mayas sont convertis au catholicisme, menacés par les armes. De même le général favori de Cortes, Don Pedro de Alvarado (impeccable Noah Stewart), est présenté à Teculihuatzin et l’épouse. Le II reprend tout le second acte d’Indian Queen où se détache évidemment la nuit amoureuse des deux jeunes mariés. Christophe Dumaux offre une belle caractérisation du prêtre Ixbalanqué, lequel envoûte et manipule à souhaits le général espagnol Pedro. Saluons aussi la forte présence du prêtre maya dont le baryton noir, Luthando Qave, fait une incarnation très convaincante. Plusieurs airs complètent le déroulé du II dont “See, even night herself is here”, “Music for a while”, “Il love and I must”, surtout, l’implorante prière “Hear my prayer, O Lord”, seule conclusion chorale imaginable après le massacre des Mayas, perpétré par le conquistador espagnol, génocide aussi sanglant que celui commis, plus tard, par les marines au Nicaragua. Alors la récitante Maritxell Carrero, se place seule, devant une immense toile rouge sang au pied de laquelle repose le peuple abattu : image d’un massacre ignoble qui conclut comme un linceul obsédant l’acte II. Ce sont les deux femmes pacificatrices qui apportent la voie de la réconciliation fraternelle après les exactions et violences perpétrées par Alvarado. Loi des hommes, des armes contre douceur des femmes-mères; L’engagement de chaque interprète, chanteurs, orchestre, acteurs est saisissant et restitue à la musique de Purcell, son charme et séduction irrésistible ; à la lecture poétique et contextualisée de Sellars, sa force critique et satirique. Dans la fosse, Teodor Currentzis s’implique au delà de l’habituel pour exprimer la part humaine et fraternelle de la musique. Un must. DVD, compte rendu critique. PURCELL : The Indian Queen (Musica Aeterna, Currentzis, Sellars) Madrid 2013 (2 dvd Sony classical) The Indian Queen (Henry Purcell) Nouvelle version Peter Sellars (durée 3h05) Représentation du 9 novembre 2013 Teatro Real de Madrid Hunahpu: Vince Yi Teculihuatzin: Julia Bullock Doña Isabel: Nadine Koutcher Don Pedrarias: DavilaMarkus Brutscher Don Pedro de Alvarado: Noah Stewart Ixbalanque: Christophe Dumaux Sacerdote maya: Luthando Qave Leonor: Maritxell Carrero Tecun Uman: Christopher Williams Leonor: Celine Peña Dioses mayas: Burr Johnson, Takemi Kitamura, Caitlin Scranton, Paul Singh Mise en scène: Peter Sellars Scénographie: Gronk Chorégraphie: Christopher Williams Chœur et Orchestre de l’Opéra de Perm (MusicaAeterna) Direction Musicale: Teodor Currentzis

Henry Purcell
(1659 – 1695)

Henry Purcell (10 septembre 1659 - 21 novembre 1695) est un musicien et compositeur de musique baroque. On admet généralement que Purcell a été le plus grand compositeur anglais de naissance (Haendel ayant été anglais par naturalisation). Purcell a incorporé à sa musique des éléments des styles français et italien, mais a développé un style anglais particulier.



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